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République Démocratique du Congo (RDC),  Afrique

Corruption dans les mines de RDC: la justice américaine mène l’enquête

Par Martin Mateso avec agences@GeopolisAfrique | Publié le 04/07/2018 à 16H54

Manifestation devant siège Glencore en Suisse
Des manifestants interpellent les actionnaires de Glencore réunis au siège de la société suisse le 2 mai 2018. © Photo Reuters/Arnd Wiegmann

C’est une vaste enquête pour corruption qui est désormais entre les mains de la justice américaine. Elle vise le géant suisse des matières premières Glencore pour ses activités au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo entre 2007 et 2018. Un scandale qui impliquerait des proches du président congolais Joseph Kabila.


Du côté de Lubumbashi, la capitale du cuivre en RDC, l’assignation de Glencore par le département américain de la justice a été saluée comme «une bonne nouvelle» par ceux qui dénoncent la mauvaise gestion de la Gecamines, la principale société minière de l’Etat congolais.

«La Gecamines est gérée comme un kiosque privé depuis l’avènement de Kabila fils à la tête du pays…Toutes les grosses sommes entrent directement dans le compte privé d’Albert Yuma», président du conseil d’administration de la Gécamines et proche du président congolais Joseph Kabila, a réagi auprès de l’AFP, un responsable de la Générale des carrières et des mines (Gecamines).

«Des transactions opaques et corrompues»
Sur son compte Twitter, le mouvement congolais de lutte pour le changement (Lucha) pointe un certain Dan Gertler, sulfureux homme d’affaires israélien et «copain de Kabila» à qui la justice américaine ordonne de lui soumettre les documents sur ses opérations en RDC de 2007 à ce jour.

«Milliardaire israélien, Dan Gertler est visé depuis décembre 2017 par des sanctions imposées par le trésor américain qui a mis en cause son amitié avec Kabila, lui ayant permis d’amasser une vaste fortune par le biais de transactions opaques et corrompues», commente Lucha.

«Des pots de vins à des hauts fonctionnaires congolais»
Des transactions révélées en mars 2017 par une enquête de Global Witness menée entre 2013 et 2016. Selon l’ONG, le géant minier Glencore aurait versé plus de 75 millions de dollars américains à Dan Gertler, accusé d’avoir versé des pots de vin à des hauts fonctionnaires congolais pour défendre ses intérêts miniers. Des paiements qui auraient dû être versés à la compagnie minière congolaise d’Etat, la Gécamines, conformément aux modalités du contrat initial.

«Il est scandaleux que Glencore ait effectué des paiements à un ami du président congolais, accusé de pots de vins et de corruption, et qu’elle n’ait pas informé ses actionnaires de ses transactions», indique le rapport de Global Witness.

Les soupçons de corruption ne sont pas nouveaux
Les soupçons de corruption visant les activités de Glencore en RDC ne sont pas nouveaux. En mai 2018, Bloomberg avait révélé que le groupe pourrait également faire l’objet d’une enquête au Royaume-Uni pour des faits présumés de corruption en RDC.

En décembre 2017, l’ONG suisse Public Eye avait de son côté déposé une dénonciation pénale auprès du ministère public de la Confédération suisse concernant les activités de Glencore en RDC.
Le géant suisse, spécialiste de l’extraction minière et du négoce des matières premières, gère deux immenses mines en RDC. Il fait partie des plus gros extracteurs de cuivre et de cobalt au monde.