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Côte d’Ivoire: blocage des cours pour obtenir des congés de Noël plus longs

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 16/12/2017 à 16H40, mis à jour le 16/12/2017 à 17H26

Policiers anti-émeutes en Côte d'Ivoire
Des policiers démontent une barricade lors d'une manifestation d'étudiants à Abidjan le 13 septembre 2007. © AFP

C’est un mouvement de grogne peu banal qui traverse les établissements scolaires de Côte d’Ivoire ces derniers jours. Les élèves réclament de partir une semaine plus tôt en vacances de Noël, et bloquent les écoles et lycées. Mais parfois, cela dérape et des jeunes ont été placés en détention. Du coup, les parents s’en sont pris à la police.


Ce serait devenu un rituel dans le pays. A l’approche des congés de fin d’année, les élèves forcent les écoles à fermer leur portes, afin d’obtenir une troisième semaine de vacances. Depuis le 11 décembre, des SMS circulent entre élèves pour appeler à la mobilisation. Mais l’ambiance est loin d’être bon enfant. A Korhogo, dans le nord du pays, les élèves ont lancé des projectiles sur les écoliers et les professeurs pour empêcher la tenue des cours. Une dizaine d’enfants ont été interpellés et placés en détention.
 
Alors les parents des élèves arrêtés sont venus devant le commissariat dans la soirée pour réclamer leur libération. Les parents encerclaient le bâtiment, a constaté le correspondant de l'AFP. «Libérez nos enfants ou on va brûler le commissariat», ont-ils menacé. Il a fallu l’intervention de gendarmes et de militaires pour disperser les manifestants à coup de grenades lacrymogènes.


A Vavoua, selon l’Agence ivoirienne de presse (AIP), des incidents similaires ont eu lieu, et là également des élèves manifestants ont été interpellés. Aux yeux des autorités, ce sont des casseurs qui devront rembourser les dégâts.

Contrairement au ministère de l’Education nationale, les parents ont tendance à minimiser les faits. «Nous reconnaissons que nos enfants ont commis des erreurs, mais de là à les écrouer et à les garder en boite comme des bandits, nous ne sommes pas d'accord», clament-ils.

Au ministère, ce n’est pas le même son de cloche, et on n’entend ne rien minimiser. «Vos enfants, coupables de ces perturbations, s’exposent à des sanctions», a prévenu la ministre Kandia Kamara tout en appelant au calme et à la reprise des cours.
 
Déclaration de Kandia Kamara, ministre de l'Education sur RTI le 12 décembre 2017.

Mais Jeune Afrique livre une explication quelque peu différente de ces incidents. A Korhogo dit le magazine, les lycéens entendaient protester contre les mauvaises conditions de travail, notamment le manque de mobilier. Un élève de terminale résumait la situation: «Trop c’est trop ! Nous manifestons en perturbant les cours et en chassant les élèves des autres établissements scolaires, car nous ne voulons plus continuer l’année scolaire dans ces conditions difficiles». Le mouvement a été lancé par la Fesci, puissante fédération lycéenne considérée comme une milice pro-Gbagbo par ses détracteurs.

Une agitation qui serait donc bien plus politique que ce qui est dit.