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Côte d’Ivoire: qui succédera au président Alassane Ouattara en 2020?

Par Martin Mateso@GeopolisAfrique | Publié le 18/06/2018 à 16H48, mis à jour le 18/06/2018 à 17H03

Le président Côte d'Ivoire Alassane Ouattara
Le président ivoirien Alassane Ouattara en visite dans la ville de Dabou, le 3 août 2015.  © Photo AFP/Issouf Sanogo

Les alliés du président Ouattara au sein de la coalition au pouvoir persistent et signent. Le moment est arrivé de nous céder le fauteuil présidentiel, tranche le PDCI, membre de la coalition au pouvoir. L’ancien parti d’Houphouet Boigny compte bien récupérer ce poste lors de la présidentielle de 2020.


Pour les militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, les choses sont désormais claires: l’heure est venue pour le président Ouattara de «respecter ses engagements» et de céder son fauteuil lors de la présidentielle de 2020. C’est ce qui ressort de la réunion du bureau politique du PDCI qui s’est tenue le 17 juin à Abidjan en présence de son chef, l’ancien président Henri Konan Bédié.

Pour le «grand parti unifié», on verra plus tard
L’objectif annoncé par le PDCI est de reconquérir le pouvoir en 2020. Pour le projet de «grand parti unifié» avec le RDR, la formation politique d’Alassane Ouattara, on verra plus tard. Le communiqué annonçant ces conclusions a été salué par une salve d’applaudissements des militants du PDCI.

«Nous sommes satisfaits. Le président du PDCI nous avait demandé de soutenir Alassane Ouattara en 2015. C’est ce que nous avons fait. Ce que nous voulons maintenant c’est l’alternance. Le RDR veut la disparition du PDCI.»

«La base demande que le PDCI reste lui-même. La question du parti unifié doit être discutée après 2020. Lorsque le PDCI sera arrivé au pouvoir», ont scandé des militants, interrogés par la BBC à la sortie de la réunion du bureau politique.

«Moralement et physiquement prêt» pour occuper le poste
Qui, dans ces conditions, sera désigné pour défendre les couleurs de la coalition qui dirige la Côte d’Ivoire depuis 2015? Dans les rangs du PDCI, certains n’ont même pas attendu d’être investi pour dévoiler leurs ambitions. C’est le cas de Goauli Dodo, un cadre du Parti démocratique ivoirien.

«Je suis intellectuellement, moralement et physiquement prêt à diriger la Côte d’ivoire», a déclaré le Délégué départemental du parti dans la région de Vavoua.

Une nouvelle candidature du président Ouattara en 2020?
Faute de compromis dans les mois à venir, les Ivoiriens s’interrogent sur l’éventualité d’une nouvelle candidature d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat. Une possibilité que même le concerné lui même n’exclut pas.

«La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes», a déclaré Alassane Ouattara à un journaliste.

Le président ivoirien Alassane Ouattara
Le président ivoirien, Alassane Ouatarra prend la parole devant le congrès de son parti (RDR) réuni à Abidjan le 5 mai 2018. © Photo AFP/Sia Kambou

«Ils ne sont pas venus pour deux mandats»
Une déclaration qui a conforté les opposants du président Alassane Ouattara qui l’accusent d’avoir un agenda caché en vue de la présidentielle 2020. C’est le cas de Kouadio Konan Bertin, membre du PDCI et ancien candidat indépendant à la présidentielle de 2015. Il a toujours milité contre une fusion de son parti avec celui d’Alassane Ouattara.

«Ils ne sont pas venus là pour juste deux mandats… Je suis convaincu depuis longtemps qu’on ne peut pas leur faire confiance. Ceux qui y ont cru le découvrent maintenant, à leur corps défendant. Je suis heureux que le président Bédié l’ait compris maintenant et qu’il dise que 2020 n’est pas négociable. Dans l’esprit de tous nos militants, en 2020, le PDCI-RDA aura son propre candidat», a-t il indiqué dans une interview à Géopolis.

Le PDCI a donc fait le choix de garder sa souveraineté en attendant la présidentielle de 2020. Le parti d’Henri Konan Bédié estime qu’après avoir soutenu par deux fois son allié, en 2010 et en 2014, «l’investiture pour le prochain scrutin lui revient de droit».