Courses de chameaux au Moyen-Orient: les jockeys sont des robots

Par Laurent Filippi | Publié le 23/03/2017 à 14H44, mis à jour le 23/03/2017 à 18H07

Au Moyen-Orient, les jockeys dans les courses de chameaux étaient auparavant des enfants. Mais cette pratique a été dénoncée internationalement, obligeant les pays concernés à l’interdire. Aujourd’hui, les enfants ont été remplacés par des robots.

15 photos illustrent ce propos

  • A al-Shahaniya
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    A al-Shahaniya,

    à 40 kilomètres de Doha, la capitale du Qatar, a lieu de novembre à février sur le plus grand hippodrome du pays, des courses de chameaux. Ces courses de camélidés sur une distance de 4 à 10 km sont surnommées le sport des cheiks. Le pays compte 22.000 chameaux de course et pour la famille royale, cet événement appartient au patrimoine du Qatar. Tous les ans, l’Emir du Qatar, préside une de ces courses.  © Francois-Olivier DOMMERGUES/SIPA

  • Plus 5.000 aficionados suivent compétitions.
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    Plus de 5.000 aficionados suivent les compétitions.

    Les entraîneurs suivent la course dans des 4x4 sur des pistes parallèles. C’est l’un des événements les plus populaires du Moyen-Orient. Une chaîne de télévision est entièrement dédiée à la transmission de ces courses largement diffusées dans les pays du golfe. © Steve Crisp / Reuters

  • En plein désert se trouve Tharb camel hospital
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    En plein désert, se trouve le Tharb camel hospital,

    le seul centre de soins et de reproduction pour camélidés, utilisant des techniques d'insémination artificielle. Tous les animaux utilisés dans ces compétitions sont des pur-sang. Leur prix peut s’élever à des dizaines de millions d’euros.  © AFP PHOTO / KARIM JAAFAR

  • Ces courses sont devenues populaires dans années 60.
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    Ces courses sont devenues populaires dans les années 60.

    Mais ce succès générant d’énormes sommes d’argent a entraîné dès les années 70 un trafic d’enfants. Car traditionnellement, les jockeys devaient être de très jeunes garçons, certains âgés d’à peine 6 ans.  © STR New / Reuters

  • La plupart ces enfants avaient été kidnappés
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    La plupart de ces enfants avaient été kidnappés

    ou achetés pour des montants dérisoires de 300 à 500 euros à des familles pauvres du Pakistan, du Bangladesh et du Sri Lanka. Les propriétaires voulant des jockeys de plus en plus légers n’hésitaient pas à affamer les enfants. Maltraités, ils subissaient un entraînement intensif. D’autant plus révoltant quand on sait que des sommes d’argent considérables sont dépensées pour prodiguer les meilleurs soins aux animaux. Lors de ces courses, il n’était pas rare de voir de jeunes jockeys blessés et parfois tués. © Anwar Mirza / Reuters

  • Cet esclavage moderne
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    Cet esclavage moderne

    et ces pratiques barbares ont été rendues publics en 1993 par l’ONG suisse Défense des Enfants-International. L’image des pays concernés a été fortement dégradée par ces révélations. Le département d’Etat américain a alors ajouté les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweït à la longue liste des pays pratiquant de trafic d’êtres humains. © AFP/M. SALEM

  • Une première législation a été mise en place
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    Une première législation a été mise en place

    pour interdire aux organisateurs de ces courses d’utiliser des enfants de moins de 15 ans ou pesant moins de 45 kg. Mais cette loi était peu respectée et de nombreuses violations ont perduré jusqu’aux années 2000. © REUTERS/Anwar Mirza

  • Les Emirats arabes unis premiers à interdire l’utilisation enfants
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    Les Emirats arabes unis, les premiers à interdire l’utilisation des enfants

    En 2002, le Cheikh Hamdan bin Zayed bin Sultan al-Nahyan a ordonné que tous les jockeys de moins de quinze ans soient remplacés par des robots. Pourtant, en 2004, l’organisation Anti Slavery International qui lutte contre le travail des enfants, affirmait que les enlèvements d’enfants pour devenir jockey aux Emirats continuaient en Afrique et en Asie du Sud. Ce que certains observateurs confirment encore aujourd’hui. © AFP PHOTO/Rabih HAIDAR

  • En 2005
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    En 2005,

    Hamad ben Khalifa al-Thani, alors émir du Qatar, a pris la décision d’interdire l’utilisation de jeunes âgés de moins de 15 ans. Ceux qui enfreignent la loi peuvent être punis d’une amende de 15.000 dollars à une peine de trois ans de prison ferme.  © AFP/KARIM JAAFAR

  • Les premières expériences jockeys-robots
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    Les premières expériences de jockeys-robots

    ont été mises en place en 2004 par la société qatari Rashid Ali Ibrahim Club Scientifique en partenariat avec Stanley, une entreprise de robotique. Mais les résultats peu convaincants développés par le Qatar Scientific Club ont amené les Qataris à confier la suite du projet à la société suisse K-Team. Le premier robot nommé Kamel pesait 25 kilos et coûtait environ 5.000 euros.   © AFP/NASSER YOUNES

  • Mais chameaux habitués à contact humain
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    Mais les chameaux habitués à un contact humain

    n’étaient pas prêts à accueillir ces machines. Visage, lunettes de soleil, chapeaux et mêmes parfums ont alors été ajoutés aux androïdes. De plus, le prix trop élevé des robots et leur poids ont amené les Emirats arabes unis et le Qatar à revoir la conception de ces machines. Des problèmes techniques liés à la chaleur du désert ont aussi dû être résolus.  © AFP PHOTO / M. SALEM

  • Les années suivantes robots sont passés à 15 kilos.
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    Les années suivantes, les robots sont passés à 15 kilos.

    Ils ont été équipés de capteurs pour absorber le mouvement et la vitesse du chameau. La première course avec des humanoïdes en aluminium a eu lieu au Qatar en 2005. Des haut-parleurs intégrés diffusaient la voix et les cris des entraîneurs. Ils pouvaient aussi simuler des coups de cravache.  © AFP/KARIM JAAFAR

  • Aujourd’hui robots sont plus légers.
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    Aujourd’hui, les robots sont plus légers.

    Les derniers modèles ne pèsent plus que 2 à 3 kilos. «Ils sont encadrés d’un thorax de la taille d'un grand livre et ont de petits bras articulés qui contrôlent le fouet et les rênes. Le robot peut surveiller et transmettre la vitesse et peut également prendre la fréquence cardiaque du chameau (…). Les modèles les plus récents ont été développés en utilisant des systèmes améliorés avec des commandes radio bidirectionnelles et des commandes mobiles. Maintenant, on peut trouver des robots à commande vocale», précise le site Vivre au Qatar. ©

  • «Les robots ont apporté énormément à ce sport.
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    «Les robots ont apporté énormément à ce sport.

    En plus de l’avoir rendu conforme aux droits de l’Homme, ils ont également augmenté les performances des chameaux. D’un poids plus léger que celui d’un enfant, le robot permet aux animaux de parcourir une piste longue de cinq kilomètres en moins de huit minutes, soit une à deux minutes de moins qu’à l’époque des jockeys-enfant», selon le site humanoides.fr. ©

  • Au Qatar
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    Au Qatar,

    des propriétaires expliquent que ces couses peuvent rapporter gros, notamment des voitures de luxe de près de 200.000 euros. «Mais ces gains attractifs entraînent des tricheries et les cas de dopage se sont multipliés ces dernières années. Maintenant, tous les chameaux sont enregistrés en ligne grâce à une application iTunes. Et les propriétaires doivent fournir un test sanguin quatre jours avant chaque course explique un propriétaire sur le site de La Dépêche. © Francois-Olivier DOMMERGUES/SIPA