Crise : record de faillites en Espagne en 2013

Par Jacques Deveaux | Publié le 10/02/2014 à 09H39

Drapeaux espagnols
Célébration du «jour de l'Hispanité» à Montjuic, le 12 octobre 2012. © El Païs/ Carlos Ribas

Il fallait s’y attendre. L’année 2013 a vu un record historique de faillites en Espagne. 8934 précisément. Il ya eu des grands noms : Fagor, Pescanova, Royal Urbis, et les petits… Conséquence, un PIB en recul de 1,2% et un taux de chômage qui s’élève à 26%.

La chute de Fagor a sans doute été l’événement le plus retentissant en cette «año horrible» 2013. Le fabricant d’électroménager, filiale de la coopérative Mondragon, est largement implanté à l’étranger. Mais il emploie tout de même 2000 salariés en Espagne et l’actionnaire a annoncé qu’il ne sauverait pas le groupe.

Autre déconfiture, celle du Galicien Pescanova qui a longtemps dominé la pêche en Europe. Flottille et transformation emploient 10.000 personnes dans le monde, dont 1500 en Galice.
Déclaré en cessation de paiement en avril 2013, le groupe a creusé un trou de plus de 3 milliards d’euros. Une dette longtemps cachée grâce à des manipulations financières, selon les conclusions d’un cabinet d’audit. L’Etat espagnol, cette fois, a décidé de voler au secours de Pescanova. Sept banques espagnoles ont accepté de prêter 56 millions d’euros pour assainir les comptes.
 
Enfin, le géant de l’immobilier Reyal Urbis a jeté l’éponge en début d’année 2013, incapable de rembourser sa dette de 3,6 milliards d’euros. Le second plus gros dépôt de bilan de l’histoire du pays. Et c’est du reste dans le secteur de la construction que le nombre de défaillances est le plus important : 26,6% des 8934. Peu étonnant, après l’explosion de la bulle immobilière en 2008.
 
Le triste classement fait apparaître le commerce, au second rang des dépôts de bilan (8,5%), suivi du secteur industrie et énergie (17,3%). Au total, selon la fédération des petits entrepreneurs (ATA), un demi-million de petites entreprises ont disparu depuis le début de la crise.
 
Alors, le pays compte désormais plus de cinq millions de chômeurs, et le travail au noir augmente avec lui. Un sport national, entretenu par la crise, qui a fait perdre 85 milliards d’euros à l’Etat en 2012.

Reste tout de même deux petites raisons de se réjouir. D'abord, la croissance est doucement repartie au 3e et 4e trimestres (+0,1 et +0,3).
Enfin, la production industrielle a également redémarré depuis septembre pour terminer l'année sur une hausse de 1,7% pour l'année.