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De la création au désarmement annoncé d'ETA, l’organisation séparatiste basque

Par Catherine Le Brech@GeopolisAfrique | Publié le 08/04/2017 à 09H29

C​ommando d'ETA après l'attentat contre l'Amiral Luis Carrero Blanco en 1973.
Commando de l'organisation basque ETA, auteur de l'attentat contre l'amiral espagnol Luis Carrero Blanco, le 20 décembre 1973 à Madrid. Récit de l'opération devant la presse, le 29 décembre 1973, quelque part dans le sud de la France. L'homme à droite est un interprète.  © AFP PHOTO

Après la fin de la lutte armée en 2011, l’organisation séparatiste basque ETA a annoncé dans la nuit du 6 au 7 avril 2017 à la BBC son «désarmement total» pour le 8 avril 2017. Le mouvement espagnol, classé comme terroriste par l’Union européenne, a précisé que les armes étaient «sur le sol français». Retour sur 40 ans de violences qui ont fait plus de 800 morts...


Le mouvement indépendantiste basque ETA – pour Euskadi Ta Askatasuna qui signifie Pays Basque et Liberté –, a été créé par cinq dissidents du Parti nationaliste basque dans l’Espagne franquiste en 1959 au nom d’un combat pour l'autodétermination du Pays Basque et de la Navarre.

En 1968, l’assassinat d’un dirigeant de la police de Saint-Sébastien est officiellement attribué à ETA. Deux ans plus tard, un commando du mouvement réalise l'enlèvement de l’Allemand Eugen Beihl Shaeffer, consul honoraire à Saint-Sébastien.

L'année 1973 marque un tournant avec l’attentat où meurt l’amiral Carrero Blanco, chef du gouvernement et successeur désigné de Franco (voir vidéo ci-dessous).

Vidéo INA du 20h de France 2, mise en ligne le 11 mars 2004.

Après l’amnistie en 1977 de tous les prisonniers politiques espagnols, dont ceux d’ETA, se crée Herri Batasuna, bras politique du mouvement basque. Suivront en 1979 l’autonomie du Pays basque espagnol et la naissance du Parlement dont la première session s'ouvira fin mars 1980.

Malgré le retour de la démocratie en Espagne, les années 80 seront émaillées d'attentats dont le plus meurtrier de l’histoire de la lutte armée d’ETA: 21 personnes seront tuées et 45 autres blessées au supermarché Hipercor de Barcelone, le 19 juin 1987.

Les associations de victimes du terrorisme exigent la dissolution immédiate et inconditionnelle d'ETA

40 ans de violences et plus de 800 morts
De 1989 à 2011, entre pourparlers et trêves entre Madrid et dirigeants d’ETA, la lutte armée se poursuit et avec elle, les attentats. Le 13 janvier 2007, des milliers d’Espagnols manifestent pour la paix dans tout le pays après l’explosion d’une voiture piégée à l’aéroport de Madrid (Vidéo) le 30 décembre 2006 et l’annonce de la rupture du processus de paix par le chef de gouvernement espagnol, le socialiste José-Luis Zapatero.

2010: ETA dit avoir mis un terme le 5 septembre à ses «actions offensives armées». Son dernier attentat cette année-là fait une nouvelle victime, un policier français. ETA a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée contre le gouvernment espagnol, après plus de 40 ans de violences. Mais aucun accord avec les autorités espagnoles et françaises n'a été trouvé sur les modalités de son désarmement. 

Le militant écologiste basque français Jean-Noël Etcheverry alias Txetx

Jean-Noël Etcheverry, alias Txetx, arrêté après des manifestations contre le forage de pétrole et de gaz de schiste, à Pau le 7 avril 2016. Le militant écologiste basque français se définit comme «un artisan de la paix». Il a annoncé le 7 avril 2017 qu'ETA désarmerait le lendemain, confirmant une déclaration du mouvement.  © GAIZKA IROZ / AFP


Le 7 avril 2017, le mouvement clandestin, auquel on attribue 829 morts, confirme qu'il rend les armes le 8. En marge d'un rassemblement populaire à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), ETA, via des «artisans de la paix» issus de la société civile française, doit remettre à la justice la liste de ses caches d’armes en France.