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Syrie,  Moyen-Orient,  Corée du Nord,  Asie-Pacifique

Deux unités militaires de Corée du Nord en Syrie pour épauler Bachar al-Assad

Par Alain Chemali@GeopolisFTV | Publié le 25/03/2016 à 16H01, mis à jour le 28/03/2016 à 09H33

Fayçal Moqdad vice-ministre syrien Affaires étrangères Jang Myong
L'ambassadeur nord-coréen en Syrie, Jang Myong, inaugure le 31 août 2015, dans le sud de Damas, un parc de 9.000 m2 en l'honneur de Kim Il-Sung, père fondateur de la Corée du nord, en présence du vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad. © AFP PHOTO/HO/SANA

La diplomatie avance à pas de fourmi pour régler le conflit syrien, tant au niveau des échanges entre Washington et Moscou que dans les pourparlers indirects entre le régime syrien et l’opposition. Dans ce contexte, un représentant des opposants aux pourparlers de Genève a créé la surprise. Il a dénoncé la présence d'unités militaires nord-coréennes en Syrie, venues apporter leur soutien au régime

Vraie-fausse information ou nouvel élément ajoutant à la complexité du dossier syrien, un des deux responsables du Haut comité des négociations de l’opposition syrienne aux pourparlers de Genève a révélé, lors d’une conférence de presse, que des forces nord-coréennes se trouvaient en Syrie pour prêter main-forte au régime.
 
Des unités de miliciens nord-coréens redoutables

Selon Asaad al-Zoubi, ancien général dissident des forces armées syriennes, outre des miliciens chiites irakiens ou libanais du Hezbollah, des gardiens de la révolution iraniens ou des combattants afghans, il y aurait deux unités de miliciens nord-coréens sur le terrain en Syrie. Baptisées Chulma 1 et Chulma 7, ces unités ont la réputation d'être «redoutables» a-t-il même précisé.
 
Des informations aussitôt reprises par les agences russes Tass et Sputnik. Cette dernière titrant l'information de manière énigmatique: «Des troupes nord-coréennes aident Assad ? Pince-moi je rêve…». Mais aussi par plusieurs médias arabes et israéliens sur les réseaux sociaux.
 
Si elles étaient confirmées, ces informations, impliquant une puissance étrangère supplémentaire sur le terrain syrien, compliquent un peu plus les chances d’une solution négociée à la crise. Elles n’ont toutefois rien d’étonnant au vu des relations qu’entretiennent Pyongyang et Damas depuis longtemps.

Damas et Pyongyang font face à un ennemi commun selon Bachar al-Assad 
Recevant le vice-ministre nord-coréen des affaires étrangères le 8 mars 2015, Bachar al-Assad avait affirmé que la Syrie et la Corée du Nord étaient visées car «elles font partie du peu de pays qui jouissent d’une véritable autonomie et se tiennent ensemble face à un même ennemi qui veut changer l’identité nationale de leur peuple».
 
Le responsable coréen avait assuré, lui, que la Corée Démocratique n’épargnerait aucun effort pour soutenir le peuple syrien dans sa souveraineté et son indépendance et l’aider à lutter contre le terrorisme.
 
En 2013, l’opposition syrienne avait déjà dénoncé la participation d’officiers nord-coréens aux opérations de bombardements du régime. Plusieurs hélicoptères de l’armée syrienne auraient même été pilotés par des hommes de Pyonyang.

Israël détruit un réacteur nucléaire construit secrètement en Syrie avec l'aide de Pyongyang 
Selon des experts cités par les Echos, une partie de l’armement syrien a été fourni par la Corée du Nord : systèmes portatifs de défense aérienne, lanceurs de Scuds, vieux tanks russes T54 et T55 modifiés.
 
Enfin, un raid aérien, le 6 septembre 2007, avait permis à Israël de détruire un réacteur nucléaire syrien «quelques semaines avant qu’il ne devienne opérationel». Selon Condoleeza Rice, secrétaire d’état américaine de l’époque, il s’agit «d’un réacteur nucléaire construit secrètement par la Syrie, apparemment avec l’aide de la Corée du nord».
 
«Nos experts en renseignements sont convaincus que l’attaque visait un réacteur du même type que celui construit par le régime de coréen à Yongbyon», avait-elle précisé.
Du côté du régime de Pyongyang, Kim Jong-un a officiellement manifesté son soutien à Bachar al-Assad mais n’a jamais jusque là reconnu une implication directe dans le confli syrien.
 

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