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Egypte : 35 policiers et soldats tués par des terroristes au sud du Caire

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 21/10/2017 à 12H15, mis à jour le 21/10/2017 à 15H47

Enterrement d'un soldat égyptien
Enterrement d'un des six soldats tombés lors de l'attaque terroriste à El-Arish, le 13 octobre 2017. © AFP

Au moins 35 policiers et soldats égyptiens ont été tués vendredi 20 octobre 2017 dans des affrontements avec des éléments islamistes dans le désert occidental, au sud-ouest du Caire. Les forces de l’ordre menaient une opération contre Hasm, un groupe terroriste qui monte en puissance.


C’est une lutte sans merci qui oppose les forces de l’ordre aux terroristes en Egypte. Les pertes chez les militaires sont considérables. Il y a juste une semaine, six soldats étaient tués au nord du Sinaï dans une attaque «d’éléments terroristes», selon le vocable officiel. Le même jour, «Province du Sinaï», la branche égyptienne de Daech, revendiquait l’attaque perpétrée la veille sur une base militaire. Bilan: 14 soldats tués dans un double attentat suicide. Début juillet de cette année, un barrage militaire dans le Sinaï était attaqué provoquant la mort de 21 soldats.

Spirale terroriste
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a beau prolonger l’état d’urgence prononcé en avril (pour trois mois), les attentats terroristes se multiplient. Après le coup d’Etat d’al-Sissi en 2013 et la destitution du président élu, Mohamed Morsi, le pouvoir militaire s’en est pris aux frères musulmans.

A l'époque, l’armée a tiré sur les frères qui manifestaient, puis a jeté en prison des milliers de militants du mouvement. En deux procès, en 2014, 1200 partisans de l’ex-président Morsi ont été condamnés à mort. L’organisation frèriste en est sortie pulvérisée.

Des Frères radicalisés
Ce qu’il reste du mouvement est dès lors partagé entre pacifisme et lutte armée. Selon Marie Vannetzel dans Orient XXI, certains considèrent chez les Frères qu’il faut autoriser «l’usage de la violence physique contre des installations militaires et policières ou des infrastructures stratégiques». Mais selon l’auteure, il est difficile d’attribuer tous les attentats à des groupuscules frèristes. Mais il est certain que la mouvance «révolutionnaire » existe.

Dans cette mouvance, on trouve Hasm, officiellement le mouvement Sawaed Misr (les bras de l’Egypte). Selon Al-Jazeera, c’est au cours d’une opération menée contre ce mouvement que les affrontements ont eu lieu le 20 octobre 2017.

Hasm, le petit nouveau
Hasm a commencé à faire parler de lui en 2015 à travers les réseaux sociaux, appelant à la violence «contre la police et l'armée, et les juges et les clercs qui font l'apologie de la modération». Selon le site Al-Mashareq, il a la même idéologie extrémiste que l’EI. Mais Hasm, à en juger par ses faits et gestes, est concentré dans les attaques en milieu urbain, «spécialisé dans le ciblage des personnalités de la sécurité, de la religion et de la justice» a expliqué un officier supérieur de la police du Caire.
A l’EI les sables du désert, à Hasm les attaques urbaines.