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Egypte: effroi au sein de l'Eglise copte après l'assassinat d'un prêtre

Par Dominique Cettour-Rose@GeopolisAfrique | Publié le 13/10/2017 à 16H24, mis à jour le 13/10/2017 à 16H58

Le Père Samaan Chehata prêtre paroisse copte Saint Jules.
Capture d'écran Twitter montrant Samaan Chehata, prêtre de la paroisse copte Saint-Jules du Caire. © Twitter @BiladFransa

En Egypte, la communauté copte est sous le choc après l'agression au couteau, le 12 octobre 2017, de deux prêtres à El-Salam city, dans le grand Caire. L'un d'eux, Samaan Shehata, est décédé tandis que le deuxième, poignardé lui aussi, a été grièvement blessé et hospitalisé. Le même jour, l'état d'urgence, décrété initialement en avril 2017, a été prolongé de trois mois.


L'attaque au couteau des pères Samaan et Ezbet Girgis, prêtres de la paroisse Saint-Jules du Caire, a de nouveau endeuillé l'Eglise orthodoxe copte d'Egypte. Le premier a été tabassé et poignardé à mort, peut-on lire sur les réseaux sociaux, tandis que le deuxième a été transporté à l'hôpital dans un état grave.


Quasi au même moment, le président Abdel Fattah al-Sissi prolongait pour la deuxième fois, depuis avril 2017, l'état d'urgence. Une mesure d'exception qui élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d'arrestation, de surveillance, et lui permet d'imposer des restrictions à la liberté de mouvement. «Les forces armées et la police vont prendre les mesures nécessaires pour faire face aux dangers du terrorisme», indique le décret égyptien, publié au journal officiel le 12 octobre 2012.

L'état d'urgence approuvé par le Parlement après un double attentat, le 9 avril, contre des églises coptes, à Tanta et Alexandrie (nord de l'Egypte), revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique. Bilan de ces attaques: 45 morts. 


L'Etat d'urgence avait ensuite été prolongé une première fois le 10 juillet 2017, alors que le groupe djihadiste avait menacé la communauté copte de commettre de nouvelles attaques à son encontre.

Les coptes, minorité chrétienne d'Egype, représentent 10% des 92 millions d'Egyptiens qui sont majoritairement musulmans sunnites. Ils s'estiment marginalisés et persécutés par les islamistes. La Croix précise ainsi que depuis des décennies, les régimes successifs ont mis en place des politiques ambiguës à l’égard des organisations religieuses, une stratégie à laquelle le pouvoir actuel n’a pas échappé.

Islamisation de la société égyptienne
Et le journal de rappeler que si le président Sissi a chassé dans le sang les Frères musulmans du pouvoir en 2013, il a parallèlement tendu la main au parti salafiste, ce qui a conduit à une islamisation de la société égyptienne.

Depuis la chute du président Hosni Moubarak, le 11 février 2011, la montée d'un islam rigoriste a accru le sentiment de marginalisation des coptes. ​Les islamistes radicaux leur reprochent notamment d'avoir soutenu l'éviction de l'islamiste Mohammed Morsi, en 2013, alors que ce dernier avait été élu démocratiquement.