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Egypte: le sort d’un défenseur des droits de l’Homme inquiète des diplomates

Par Eléonore Abou Ez (avec afp)@GeopolisAfrique | Publié le 07/11/2017 à 14H00

Un policier égyptien place Tahrir au Caire
Un policier égyptien place Tahrir au Caire, le 25 janvier 2017. © STRINGER / AFP

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a annoncé le 5 novembre 2017 la convocation des ambassadeurs de cinq pays occidentaux suite à la publication d’un communiqué dénonçant l’arrestation d’un défenseur des droits de l’Homme. Le Caire y voit une «ingérence inacceptable».


Ce n’est pas une crise diplomatique, mais ça y ressemble. Les ambassadeurs de Grande-Bretagne, du Canada, d'Italie, des Pays-Bas et d'Allemagne ont été rappelés à l’ordre 48 heures après la publication d’un communiqué commun dans lequel ils se disent inquiets au sujet de l’arrestation d’un avocat et défenseur des droits de l’Homme en Egypte. Ibrahim Metwally Hegazy est en détention depuis près de deux mois.
 
Un avocat chargé des personnes disparues
Ibrahim Metwally Hegazy, responsable de l’ONG Union des familles de disparus en Egypte a été arrêté le 10 septembre 2017 à l'aéroport du Caire alors qu'il se rendait à Genève pour participer à une session du Groupe de travail sur les disparitions forcées des Nations Unies.

L’avocat égyptien avait des liens avec la famille de Giulio Regeni, un jeune chercheur italien disparu au Caire le 25 janvier 2016 (jour anniversaire de la révolution) et retrouvé torturé à mort quelques jours plus tard. Les services de sécurité égyptiens ont été mis en cause dans cette affaire non encore élucidée.
 
Une ONG qui dérange
L’avocat Ibrahim Metwally Hegazy est accusé de diriger une organisation «illégale», de diffuser de fausses informations et de «liens» avec l’étranger. Des charges habituelles à l’encontre des organisations non gouvernementales visées par une nouvelle loi restrictive promulguée par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Le défenseur des droits de l’Homme qui dénonce les disparitions forcées et la torture dit avoir été torturé en prison par électrocution, comme le rapporte la FIDH.

Inquiétude occidentale
Les conditions de détention de l’avocat et défenseur des droits de l’Homme ont été clairement dénoncées par des ambassadeurs occidentaux au Caire. «Nous appelons les autorités égyptiennes à assurer la liberté de la société civile et la protection contre la torture, inscrites dans la constitution égyptienne», précise le communiqué conjoint.

Depuis 2013 et l’arrivée au pouvoir du maréchal al-Sissi, les disparitions forcées, les arrestations arbitraires et les cas de torture se sont multipliés dans le pays, comme le souligne un rapport d'Amnesty International.