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Egypte: le zoo du Caire manque cruellement d'argent pour se mettre aux normes

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 10/11/2017 à 16H45, mis à jour le 10/11/2017 à 17H02

Un macaque au zoo égyptien Giseh au Caire.
Un macaque en cage au zoo de Giseh, dont les installations remontent à 1831. © MOHAMED EL-SHAHED / AFP

Le zoo du Caire est le plus vieux d'Afrique et le moins cher du monde. Le ticket d'entrée est à 5 livres (25 centimes d'euros), assurant à l'établissement un budget annuel d'environ 700.000 euros. Cet argent est en grande partie consacré à la nourriture des animaux, mais moins à l'amélioration de leurs conditions de vie, malgré quelques améliorations récentes.


Créé en 1891, le zoo du Caire s'étend sur plus de 34 hectares où sont plantés eucalyptus, palmiers et des espèces rares de plantes tropicales importées du monde eniter. Au milieu de cette végétation, un pont suspendu métallique conçu par le Français Gustave Eiffel, témoin d'une époque où l'Egypte avait les moyens de rayonner dans le domaine de la zoologie.

 
Quelque 4.500 animaux dont 28 espèces différentes vivent dans ce gigantesque zoo, représentant essentiellement la faune africaine, selon Mohamed Rajai, qui dirige l'Administration centrale des zoos. Or, depuis 2004, ce zoo a perdu son agrément auprès de l'Association mondiale des zoos et aquariums (Waza).

Certains progrès restent à faire
De son côté, Mona Khalil, qui préside l'Esma, la société égyptienne de protection des animaux, souhaiterait «un environnement plus adapté pour les animaux, estimant que ce n'est pas normal qu'un éléphant vive dans un espace étroit et sur un sol dur». Elle salue néanmoins certains progrès pour le bien-être animal et notamment un espace ouvert pour les lions, avec de l'herbe verte qui rappelle leur environnement naturel.


Autre pratique dans l'enceinte du zoo dénoncée par Mme Khalil: la présence d'une cellule photographique offrant aux visiteurs la possibilité d'être immortalisés en tenant un vautour ou aux côtés d'un lionceau. «C'est une violation des normes de traitement des animaux», affirme-t-elle. Car cela représente non seulement un danger pour les visiteurs qui peuvent, à leur tour, transmettre des maladies aux animaux. 

Quelques améliorations récentes ont toutefois été apportées pour améliorer le site au niveau hygiène: un contrat a été signé avec une société de nettoyage et le zoo est ainsi devenu un peu plus propre, même si des déchets jonchent encore le sol.

Des pourboires pour arrondir les fins de mois
Les employés du zoo, dont le salaire mensuel se situe entre 350 et 1.000 livres (17 et 48 euros), selon Khaled Oweis, qui travaille sur le site depuis 22 ans, cherchent à arrondir leurs fins de mois. Lui-même avoue «chercher un nouvel emploi». Les gardiens, censés veiller au bien-être des animaux, autorisent les visiteurs, contrairement à la règlementation, à interagir avec eux.

Exemple: dans un petit bâtiment où vivent des hyènes en cage, un gardien se dispute avec un visiteur. Ce dernier tentait de le filmer alors que l'employé provoquait l'une des bêtes avec un bâton pour la faire grogner. «Tu essaies de prendre une vidéo pour la mettre sur internet et dire que je torture les animaux. Laisse-nous donc gagner notre vie!», lui a-t-il lancé.
 
Alors que le budget annuel du zoo oscille entre 13 et 15 millions de livres (environ 700.000 euros), «la plus grande part de ce budget est destinée à l'alimentation des animaux», a précisé M.Rajai, précisant que le site ne bénéficie d'aucune subvention du ministère de l'Agriculture, dont il dépend. En quête de recettes supplémentaires, le zoo s'apprête à mettre en place un «véritable plan de reproduction des oiseaux, des mammifères et des reptiles» destinés à la vente, a-t-il assuré.

La visite au zoo s'avère peu onéreuse avec un ticket d'entrée à cinq livres (25 centimes d'euro). «Il est important que les tickets restent abordables, au regard de la situation économique», estime Mohamed Khalaf, un visiteur trentenaire. Environ 28% des 94 millions d'Egyptiens vivaient en deça du seuil de pauvreté en 2016, contre 41% en 2009.