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Egypte: Morsi, l'allié encombrant du Qatar

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 18/06/2016 à 10H56, mis à jour le 31/05/2017 à 19H01

L'ancien président Mohamed Morsi en compagnie l'ex-émir Qatar
L'ancien président égyptien Mohamed Morsi en compagnie de l'ex-émir du Qatar Hamad ben Khalifa al-Thani en visite au Caire en octobre 2012.  © AFP/présidence égyptienne

Mohamed Morsi, l’ancien président égyptien destitué en juillet 2013, est jugé pour avoir livré au Qatar des «documents relevant de la sécurité nationale». Le riche émirat gazier du Golfe était l’un des principaux soutiens de Mohamed Morsi avant de prendre ses distances avec lui et les Frères musulmans, la confrérie dont il est issu.


Avec la Turquie, le Qatar était le seul pays du Moyen-Orient à soutenir ouvertement les Frères musulmans après le renversement par l’armée égyptienne du président islamiste Mohamed Morsi en 2013. Mais le contexte international et la guerre lancée contre Daech, un an plus tard, ont changé la donne.

Dollars contre réseau
Le riche émirat du Golfe avait misé sur la Confrérie et ses relais pour étendre son influence dans la région ces dernières années. Le Qatar était le principal bailleur de fonds du gouvernement Morsi et lui avait apporté un soutien financier de près de 8 milliards de dollars selon le Financial Times. Les Frères musulmans ont pu compter aussi sur l’appui de la très influente chaîne de TV qatarie Al Jazira qui a servi de porte-voix à la Confrérie.

Donnant-donnant
En se rapprochant des Frères musulmans, le Qatar voulait s’assurer que les islamistes n’interviendraient pas dans les affaires de leur pays. «L’arrangement entre les deux parties est semblable a celui qui existe entre Al Jazira et Doha, la chaîne couvre les évènements dans le monde arabe mais elle s’abstient d’aborder les questions controversés au Qatar» expliquait en 2012, Ahmad Jamil Azem, professeur invité à l’université de Cambridge, dans un article sur les liens entre le Qatar et les Frères musulmans.

Le tournant
Malgré cet «arrangement», Doha a finalement été obligé de prendre ses distances avec les Frères considérés comme une menace pour d’autres pays du Golfe. «Le contexte régional et international avec les préparatifs de la guerre contre l’Etat islamique a un peu modifié la donne», a notamment précisé à l’AFP Mustafa Alani, analyste du Gulf Research. Fin 2014, plusieurs cadres des Frères musulmans sont priés de quitter le pays.  
 
Une «organisation terroriste» 
Les Frères musulmans qui avaient remporté toutes les élections après la révolution en Egypte sont aujourd’hui des alliés encombrants. Depuis la destitution de Mohamed Morsi par l’armée, la Confrérie a été décrétée «organisation terroriste». Tous ses dirigeants ont été arrêtés et sont poursuivis en justice. Des dizaines de milliers de partisans ont également été emprisonnés.