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Iran,  Moyen-Orient

Elections en Iran: les conservateurs contre Rohani

Par Jacques Deveaux@GeopolisFTV | Publié le 18/01/2016 à 16H43, mis à jour le 18/01/2016 à 16H43

Sourire nouveau président iranien Hassan Rohani en juin 2013
Sourire du nouveau président iranien, Hassan Rohani, en juin 2013 à Téhéran. © BEHROUZ MEHRI / AFP

Comment empêcher la victoire du clan Rohani aux élections législatives du 26 février ? Les conservateurs ont trouvé la parade : invalider les candidats du président Rohani. Faute de quoi la majorité des 290 sièges du Parlement semble être acquise au chef d’Etat iranien qui profite de la levée des sanctions économiques.


«Rohani a-t-il déjà gagné les élections ?» s’interroge le JDD du 17 janvier 2016. Il est vrai que les élections législatives du 26 février semblent acquises aux réformateurs qui surfent sur la levée des sanctions sur le dossier du nucléaire. Le réchauffement avec l’Ouest ouvre la porte des échanges commerciaux, en premier lieu le pétrole, même à 30 dollars le  baril.
 
Ce réchauffement annonce aussi le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger. Une jolie somme de 27 milliards de dollars, selon la Banque centrale d’Iran. De bonnes nouvelles qui devraient accroître la confiance des Iraniens pour le clan Rohani. Rappelons, comme le souligne le Figaro, que la levée des sanctions était la principale promesse électorale du candidat Rohani à la présidentielle de 2013. Elle devrait soulager le quotidien des Iraniens.
 
Reste à savoir ce que Hassan Rohani fera de cette victoire. Incontestablement, elle lui permettra d’assoir son pouvoir avant la présidentielle de 2017. Il pourra également faire passer des réformes économiques avec l’appui d’un Parlement acquis à sa cause. Des réformes que le peuple attend avec impatience. 
 
Réaction des conservateurs
Mais face à cette embellie, les conservateurs iraniens ne restent pas inactifs. Ainsi, la Commission centrale de surveillance des élections a rejeté la candidature de plus d’un candidat sur deux. Le clan réformateur a, comme par hasard, été le plus sanctionné par cette instance contrôlée par les conservateurs.

Sur 3000 candidats sur l’ensemble du pays, 30 ont été acceptés, s’étrangle Hossein Marachi, un responsable réformateur. Sur Téhéran, les partis doivent présenter une liste de 30 candidats. Pour les réformateurs, seulement quatre ont été retenus.
 
Clairement, les conservateurs ont lancé la contre-attaque, espérant faire chuter Rohani en l’empêchant d’avoir des élus. Les motifs de non validation sont pour le moins flous. Ils vont d’anciennes condamnations pénales à des dossiers incomplets. Tous vont faire appel et le 4 février le conseil rendra sa liste définitive. Alors, si les candidats réformateurs peuvent se présenter, on ne voit pas comment ils pourraient perdre les élections.
 

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