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Emmanuel Macron s’entoure d’un conseil d’experts sur l’Afrique

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 07/09/2017 à 16H55

Le Conseil présidentiel pour l'Afrique
Le Conseil présidentiel pour l'Afrique a été présenté le 29 août 2017 à l'Elysée. © YOAN VALAT / POOL / AFP

Le président Emmanuel Macron vient de mettre en place une structure, afin de l’aider à mener sa politique africaine. Le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) est composé de onze personnes, dont six femmes, pour beaucoup issues de la diaspora africaine. Le conseil doit dynamiser la politique africaine de la France. Un objectif qui laisse sceptique les observateurs.


C’est un conseil jeune (sept membres sont trentenaires), où la parité entre hommes et femmes a été respectée (5/6). Des Africains issus de la diaspora pour la plupart. Et bien sûr, c’est une brochette de têtes bien faites, où se bousculent les post-doctorants. Mais c’est aussi un groupe expérimenté à l’image de Sarah Toumi qui a créé en Tunisie une entreprise pour aider les agricultrices.

Aider les autres, c’est également l’objectif de l’ancien footballeur pro, Jean-Marc Adjovi-Boco. Avec d’autres anciens joueurs, ils ont créé au Sénégal un institut de formation à ce sport, pour les jeunes de 13 à 18 ans.
 
Les membres du Conseil ont tous une solide expérience de l’Afrique. Mais que vont-ils faire? «Ce ne sera ni un nouveau think tank, ni un fan-club africain du président de la République», a annoncé le président lui-même. Le CPA se réunira une fois par trimestre et offrira à Emmanuel Macron «un autre son de cloche sur l’Afrique, différent de celui des conseillers Afrique», comme l’écrit Bénin webtv.

Une Afrique «positive»
Il apportera «une vision optimiste de l’Afrique comme continent des opportunités, du «business» et de l’innovation. En le créant, Emmanuel Macron entend donner une place centrale à cette manière d’envisager l’Afrique», croit savoir La Croix.

«La France ne saurait être ce pays post-colonial hésitant entre un magistère politique affaibli et une repentance malsaine», a déclaré Emmanuel Macron, dessinant ainsi les pourtours d’une politique africaine dynamique et moderne, qui se veut loin de la «Françafrique».
 
Mais La Croix note aussi quelques absences de marque. Au sein du CPA, il n’y a personne «pour mettre l’accent, aussi, sur la mal gouvernance, les blocages politiques, la privatisation du pouvoir, les rudes conditions de vie d’une large partie des Africains». Mais ce n’est sans doute pas l’objectif dévolu à l’instance. Du reste, le journal Le Monde est encore plus sévère. Du vieux avec du neuf, titre le journal (article payant), condamnant la structure à n’être qu’un «machin».

La France mal-aimée 
Il est vrai que l’image de la France est particulièrement dégradée en Afrique. En particulier chez les jeunes qui voient en elle une ancienne puissance coloniale qui n’entend pas lâcher la partie. Le débat sur le franc CFA est révélateur.  Certains en Afrique veulent se débarrasser de cette monnaie jugée «coloniale». Quand cette jeune classe sera au pouvoir, les relations avec la France risquent de se tendre.
 
La question est de savoir si le conseil pourra aider le Président à renverser la vapeur.