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Politique,  Afrique du Sud

En Afrique du Sud, l'ANC boycotte une délégation israélienne

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 23/08/2017 à 18H00, mis à jour le 23/08/2017 à 18H04

Netanyahu en Afrique
Symbole de l'offensive diplomatique israélienne vers l'Afrique, la présence du premier ministre israélien Netanyahu au sommet de Cédéao au Libéria en juin 2017. © HO / PRESIDENCE IVORIENNE / AFP

Déception pour Israël qui a vu sa diplomatie rejetée par le parti majoritaire en Afrique du Sud, l’ANC, le parti de Mandela. L’African National Congress, au pouvoir, a en effet refusé de rencontrer une délégation du Parlement israélien. Une fin de non-recevoir qui intervient alors qu’Israël mène une importante campagne diplomatique vers l’Afrique.

L’ANC, le parti majoritaire au Parlement sud-africain, a voté unanimement contre la réception de cette délégation israélienne le 8 août 2017, au Cap (Cape Town). L'ancien parti de Mandela a pris cette décision pour manifester son opposition à la politique israélienne dans les territoires occupés. 

Mandla Mandela, le petit-fils de Nelson Mandela, a déclaré à cette occasion : «Nous applaudissons la décision du Parlement de rejeter l'invitation de la délégation parlementaire israélienne. Dans ce cas, le Parlement est resté fidèle à l'engagement de Madiba (surnom de Nelson Mandela) à soutenir la cause palestinienne jusqu'à ce que la Palestine soit libre».  

L’opposition de l’ANC à la politique israélienne n’est pas nouvelle et elle prend ses racines dans le soutien qu’avait apporté Israël à l’Afrique du Sud de l’apartheid. Des associations de droits de l’homme sud- africaines, dont BDS Afrique du Sud, ont souligné que les Sud-Africains ont été «les bénéficiaires des campagnes de boycott et de sanctions qui ont grandement contribué à se débarrasser du régime d’apartheid sud-africain. C’est au tour des Palestiniens de bénéficier de telles campagnes pour parvenir à la justice et à la liberté».

Mandla Mandela

Mandla Mandela, sur le site de la campagne «BDS» d'Afrique du Sud (capture d'écran) © DR


Une ombre sur le sommet de Lomé
En 2013, lors de la mort du leader sud-africain, le premier ministre israélien, déjà M.Netanyahu, ne s'était pas rendu en Afrique du Sud. Une partie de la presse israélienne (Haaretz) avait alors évoqué «l'hypocrisie» de certains dirigeants (Shimon Peres notamment), louant en Nelson Mandela «un leader d'une immense stature», alors même qu'il (Peres) était «impliqué jusqu'au cou dans la coopération entre Israël et le régime de l'apartheid. Israël accueillait alors les Premiers ministres sud-africains en grande pompe, pendant que Mandela moisissait en prison».

La décision sud-africaine intervient alors qu'Israël, pays riche et à la technologie très développée, mène une offensive diplomatique vers l'Afrique. Une offensive qui rencontre un certain écho puisque l'actuel premier ministre israélien s'est rendu dans plusieurs pays africains en juillet 2016 (Kenya, Ouganda, en Éthiopie et au Rwanda) et a participé au sommet de la CEDEAO en juin dernier.

Le Togo organise un sommet du 23 au 27 octobre prochain à Lomé. Netanyahu devrait être le seul leader non-africain à tenir un rôle central lors de cette conférence. 

Pour l'instant, l'Afrique du Sud n'a pas annoncé son boycott du sommet. Mais l'ambassadeur de Pretoria au Liban a indiqué que son pays ne participerait pas à une telle rencontre qualifiée d'étape «pour normaliser les relations entre l'Afrique et un "Etat d'occupation"», selon le Jerusalem Post.

Ce journal israélien précise que d'autres pays comme le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et la Mauritanie n'iraient pas à ce sommet. D'après La Lettre du Continent, il faudrait ajouter à cette liste le Mali et le Niger.