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Société,  Afrique

En Afrique, ouvrir des cantines à l’école améliore la scolarisation

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 02/03/2018 à 18H17, mis à jour le 02/03/2018 à 18H19

Cantine scolaire
Cantine scolaire pour enfants à Bétou dans le nord, au Congo, le 28 février 2018.  © VOA/Ngouela Ngoussou

«On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre», dit le proverbe. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a eu l’idée d’appliquer ce dicton à la scolarisation des enfants en Afrique de l’Ouest. Manger à sa faim à la cantine est une occasion qui ne se refuse pas, et qui du coup, remplit les écoles.


Le directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Ouest, Abdou Dieng, parle d’opportunité gagnant-gagnant. «Les enfants profitent de repas sains qui les rendent plus susceptibles de rester à l'école et d'apprendre pour un avenir meilleur alors que des emplois sont créés et que des entreprises se développent ». Fort de ce postulat, le Programme alimentaire mondial (PAM) intervient dans l’alimentation scolaire dans une quarantaine de pays africains.

Le principe de départ est simple. Si les enfants ont un repas servi à la cantine, et qu’en plus ils ne le payent pas, les parents les laisseront venir à l'école. Une façon simple d’endiguer l’absentéisme scolaire.

A l’école Djiri Pont, au nord de Brazzaville au Congo, les enfants sont les premiers à reconnaitre l’attractivité des repas et leur impact sur l’assiduité des élèves. «Certains camarades ne viennent que parce qu’il y a du riz. Dès que ça manque, ils ne viennent pas en cours», confie Marina au journaliste de Voice of Africa. Mais elle ajoute : «C’est vrai, ces repas nous permettent de beaucoup étudier». Un autre élève témoigne : «Nous mangeons tous les jours ici. Aujourd’hui, on a servi du riz et du haricot jaune. Nous aimons bien cette nourriture».

Le plan du PAM s’appuie justement sur des plats et des ingrédients locaux. Il est hors de question de désorienter les enfants avec des repas occidentaux. Le «comme à la maison» est un gage de succès. Et les cantines se fournissent en local, auprès des agriculteurs et des petites entreprises. L’argent dépensé retombe donc dans l’économie locale, apportant un revenu supplémentaire et créant de l’emploi.

Le PAM cite ainsi l’exemple du Burkina Faso, où l’introduction du yaourt dans les repas a permis l’apparition d’une filière dédiée. Un groupe de femmes, qui collecte le lait, a créé une unité de transformation pour fabriquer des yaourts. Des desserts qui sont ensuite distribués dans les écoles par de jeunes motocyclistes.
 
L’objectif du PAM pour 2018 vise à fournir des repas scolaires à 2,7 millions d'enfants africains. Il faut trouver 60 millions de dollars pour financer l’opération. Faute de quoi, «le programme échouera, laissant de nombreux étudiants vulnérables affamés et risquant d'abandonner l'école», explique l'organisation dans un communiqué. Le Bénin montre l’exemple en allouant 47 millions de dollars sur cinq ans. De quoi nourrir 400.000 enfants.
 
Le directeur de l’enseignement élémentaire du Congo, Pierre Ngouala, le reconnait : «Les cantines scolaires permettent de retenir les enfants à l’école, et là où nous avons réussi à placer les cantines scolaires, les choses se sont sérieusement améliorées, politiquement et pédagogiquement».