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Inde,  Asie-Pacifique

En Inde, les nationalistes hindous de plus en plus antichrétiens

Par Dominique Cettour Rose@GeopolisFTV | Publié le 21/01/2016 à 13H38, mis à jour le 21/01/2016 à 13H38

Inde procession Vendredi Saint commémorant crucifixion Jésus 2015
Une procession du Vendredi Saint commémorant la crucifixion de Jésus-Christ à Amritsar, le 3 avril 2015.

Pour la première fois, l’Inde figure parmi les 20 pays qui recensent le plus de violences et de discriminations contre les minorités chrétiennes, selon le classement de l'association Portes ouvertes. Qu'elles soient catholiques, protestantes ou orthodoxes, ces communautés s'inquiètent d'un durcissement de la législation et sont soumises à des campagnes pour un retour à l’hindouisme.


L’Inde occupe la 17e place (sur 50 pays) du classement annuel de l’association Portes Ouvertes (Open Doors) qui milite pour les droits des minorités chrétiennes à travers le monde. Depuis l'arrivée au pouvoir, en mai 2014, du Premier ministre Narendra Modi, membre du parti de la droite nationaliste hindoue BJP (Parti du peuple), l’inquiétude s’est emparée des 25 millions de chrétiens. Mais aussi des musulmans, des sikhs ou des bouddhistes, qui représentent 20% de la population non hindouiste. 


Les nationalistes hindous considèrent le christianisme et l’islam comme des idéologies importées qui pervertissent l’identité indienne. «En Inde, l’hindouisme est utilisé pour cimenter la nation aux dépens des autres religions», déplore l’OGN Portes ouvertes.

De l'argent proposé aux convertis
Des campagnes de reconversion sont régulièrement menées à travers le pays. Des convertis se verraient proposer 3.000 dollars (2.700 euros) pour revenir à l’hindouisme, selon Claire Lacroix, l’une des responsables de l'organisation protestante évangélique fondée aux Pays-Bas, citée par Libération.

Dans certaines régions du pays, «l’impunité est visible. Si une église est attaquée, la police assiste aux exactions de manière passive, quand elle ne met pas en prison pasteurs et fidèles», accuse le fondateur du Conseil des chrétiens en Inde, John Dayal. Selon cet ancien journaliste à New Delhi, 6 des 36 Etats et territoires indiens «ont des lois anti-conversion au christianisme».


L'Index annuel de la persécution, publié depuis 1997 par Portes ouvertes, analyse la capacité des chrétiens à vivre leur foi, pays par pays, dans les différentes sphères : privée, familiale, sociale, civile et religieuse. Au moins 7.100 chrétiens ont été tués en 2015 dans le monde «pour des raisons liées à leur croyance», soit une augmentation de 63% par rapport à 2014. La Corée du Nord reste en tête de la liste des 50 pays classés par l'ONG pour la 14e année consécutive.

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