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Sierra Leone,  Liberia,  Guinée,  Afrique

Enfin de bonnes nouvelles sur le front d'Ebola

Par Martin Mateso@GeopolisAfrique | Publié le 29/01/2015 à 09H34, mis à jour le 29/01/2015 à 12H45

Travailleur croix rouge libérienne à Monrovia
Monrovia (Libéria), le 5 janvier 2015. Un travailleur humanitaire de la Croix Rouge libérienne.
© AFP PHOTO / ZOOM DOSSO

Les centres de traitement d'Ebola se vident dans les trois pays les plus touchés en Afrique de l'Ouest, en particulier au Liberia qui compte le plus grand nombre de morts identifiés. Les classes ont repris en Guinée alors que la Sierra Leone a levé la quarantaine qui couvrait près de la moitié de sa population. L'épidémie a fait officiellement plus de 8600 morts en plus d'un an.

Un centre de traitement d'Ebola qui ferme ses portes au Liberia, on n'avait pas vu ça depuis le début de l'épidémie. C'est ce qui est arrivé dans la province de Loga, considérée comme l'épicentre du virus à la frontière avec la Guinée voisine. Pas un seul cas d'Ebola n'y a été signalé depuis plus de 70 jours. Selon le vice-ministre libérien de la Santé, Tolbert Nyensuwah, le Liberia ne compte plus que cinq cas confirmés d'Ebola. Les malades ont été répertoriés dans la capitale et dans les comtés de Bomi et Grand Cape Mount dans le nord-ouest du pays. «Cela signifie que nous allons arriver à zéro (cas) si tout se passe bien, si d'autres personnes ne tombent pas malades ailleurs», déclare Tolbert Nyensuwah. Des chiffres confirmés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il y a quatre mois, le pays enregistrait 300 nouveaux cas par semaine. Des malades étaient renvoyés des hôpitaux faute de places et allaient mourir dans la rue.

Bilan OMS au 14 Janvier 2015
© OMS

Les progrès sont immenses dans les trois pays d'Afrique de l'Ouest touchés par l'épidémie. C'est le cas en Guinée où les commerçants de Conakry ont appris avec soulagement la décision du Sénégal de rouvrir ses frontières terrestres avec ce pays voisin. Elles étaient fermées depuis cinq mois à cause d'Ebola. «Que Dieu soit loué. Voyez la boutique, elle est à moitié vide à cause de cette fermeture qui avait presque fini par nous étouffer», confie Mariama Barry, commerçante au marché de Madina. La plupart des commerçants guinéens s'approvisionnent à Dakar. En Guinée, le nombre de nouveaux cas d'Ebola est retombé en janvier 2015 à son plus bas niveau depuis août 2014. Après trois mois de fermeture, les classes ont repris depuis le 19 janvier. 


De bonnes nouvelles aussi en Sierra Leone où les autorités ont levé la quarantaine en vigueur dans six provinces sur 14, soit près de la moitié de la population. Elle avait été mise en place fin juillet 2014 pour lutter contre le virus. Le gouvernement prépare aussi la réouverture des classes pour le mois de mars 2015 tout en appelant la population à ne pas baisser la garde. «Le combat n'est pas fini», a averti le président sierra léonais Ernest Bai Koroma, appelant à «maintenir la vigilance et les mesures d'hygiène et de prévention, en particulier éviter tout contact avec les malades et les morts d'Ebola

En dépit des progrès enregistrés dans la lutte contre l'épidémie, l'organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à une mobilisation accrue. «De nouveaux cas pourraient réapparaître à la suite d'une négligence, d'un enterrement ou d'une forte résistance communautaire. Le monde imprévisible des microbes nous réservera toujours des suprises», a averti la directrice de l'OMS, Margaret Chan. En 2015, la priorité de l'OMS est d'aider les pays à faire descendre le taux d'Ebola à zéro. Avec l'espoir que les essais de vaccins expérimentaux en cours se révèlent efficaces en zones contaminées d'Afrique de l'Ouest.