Entre quatre murs, la vie des enfants de Fukushima

Par Laurent Filippi | Publié le 27/03/2014 à 15H54, mis à jour le 28/03/2014 à 11H54

Le mois de mars marque le triste anniversaire de la catastrophe qui a frappé le Japon en 2011: un tremblement de terre de magnitude 9 suivi d’un tsunami entraînant la mort de milliers de gens et la destruction d’une partie de la centrale nucléaire de Fukushima. Des fuites radioactives transforment aujourd’hui cette région, autrefois terre agricole réputée, en zone sinistrée.

Toutes les familles ont quitté le périmètre contaminé, dans un rayon de 30 kilomètres. Parmi elles, beaucoup vivent encore dans la préfecture de Fukushima, ou y retournent encouragées par le gouvernement.

Les taux de contamination sont difficiles à juger sur le long terme. Pourtant, la peur reste constante chez les parents de voir leurs enfants contracter des maladies.

Le photographe tokyoïte Toru Hanai s’est rendu en mars 2014 à Koriyama, à 55 kilomètres à l'ouest de Fukushima Daiichi. Son travail nous dévoile comment les enfants vivent avec cette menace permanente.

15 photos de son reportage illustrent ce propos
 

  • 01 /15
    Echographie

    bilan thyroïdien, analyses d'urines, et biopsie… tous ces examens font partie d’une large étude épidémiologique sur la santé des milliers d’enfants ayant vécu ou étant nés aux alentours de la centrale nucléaire. © REUTERS/Toru Hanai

    Echographie
  • 02 /15
    Les enfants

    sont plus facilement sujets à des infections, car leur système immunitaire est plus faible. Le risque de cancers de la thyroïde, comme les pathologies cardio-vasculaires, peuvent être accrus. © REUTERS/Toru Hanai

    Les enfants
  • 03 /15
    L'Organisation des Nations Unies a déclaré en mai 2013

    que les rayonnements après l'accident de Fukushima ne semblent pas avoir causé, dans l’immédiat, de dommages pour la santé des gens, comme une augmentation des cas de cancers. © REUTERS/Toru Hanai

    L'Organisation Nations Unies a déclaré en mai 2013
  • 04 /15
    Les professionnels de la santé

    expliquent qu’il faut, comme dans le cas de l’explosion de Tchernobyl, attendre au moins cinq ans pour qu’apparaissent des cancers de la thyroïde. © REUTERS/Toru Hanai

    Les professionnels santé
  • 05 /15
    Cependant en février 2014,

    seulement trois ans après la catastrophe, l’université médicale de Fukushima rapportait que sur les 254.000 enfants suivis, 75 ont été diagnostiqués pour un cancer thyroïdien. La norme est d’un à trois pour un million d'enfants. © REUTERS/Toru Hanai

    Cependant en février 2014
  • 06 /15
    Jean-René Jourdain,

    directeur adjoint de l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire, confirme qu’il est difficile pour l’instant de se prononcer. «Il n’existe aucune donnée sur les cancers de la thyroïde de ces enfants avant l’accident… On ne peut donc pas comparer la situation actuelle avec une situation normale.» © REUTERS/Toru Hanai

    Jean-René Jourdain
  • 07 /15
    Les études sur l’impact de la radioactivité,

    qui restent donc contradictoires, sèment le trouble et alimentent l’angoisse des habitants et particulièrement des jeunes couples. © REUTERS/Toru Hanai

    Les études sur l’impact radioactivité
  • 08 /15
    Après la catastrophe,

    les autorités avaient demandé aux parents et aux responsables des établissements scolaires de ne pas laisser les enfants de moins de deux ans plus de quinze minutes dehors. Pour ceux âgés de trois à cinq ans, la limite ne devait pas dépasser trente minutes. © REUTERS/Toru Hanai

    Après catastrophe
  • 09 /15
    Même si les consignes ont été assouplies en 2013,

    les parents ont demandé aux écoles maternelles de continuer d’appliquer les restrictions. Nombre d’enfants ne sortent plus jamais dehors.  © REUTERS/Toru Hanai

    Même si consignes ont été assouplies en 2013
  • 10 /15
    Un autre problème inquiète les médecins,

    celui de la santé mentale des enfants. Ils risquent de pâtir des conséquences de ce climat anxiogène et de cet enfermement. L’université de Tôhoku a remarqué qu’un quart des trois à cinq ans ayant vécu le tsunami souffrent de troubles comportementaux. Un chiffre trois fois supérieur à la moyenne. © REUTERS/Toru Hanai

    Un autre problème inquiète médecins
  • 11 /15
    Pour ces enfants,

    les comportements des adultes vis-à-vis d’eux restent mystérieux et inquiétants. «Sur-surveillés», ils vivent constamment avec une peur indicible au ventre sans en comprendre les raisons. Se rouler par terre leur est interdit, car ils ne doivent pas toucher le sol. L’air est devenu un danger ainsi que l’alimentation. © REUTERS/Toru Hanai

    Pour ces enfants
  • 12 /15
    Les plus âgés vivent dans l’inquiétude constante

    de développer une maladie grave. S’ils sont équipés d’un doseur de radioactivité, ils ne comprennent pas à quoi sert réellement cet instrument.   © REUTERS/Toru Hanai

    Les plus âgés vivent dans l’inquiétude constante
  • 13 /15
    Ce sentiment d’angoisse diffus

    peut entraîner des effets nocifs sur leur développement psychologique. Fatigue chronique, insomnie, agressivité et repli sur soi sont des troubles du comportement fréquemment constatés par les personnels de santé. Concentration et coordination des gestes sont difficiles pour certains et beaucoup ont tendance à prendre du poids. © REUTERS/Toru Hanai

    Ce sentiment d’angoisse diffus
  • 14 /15
    Le chef d’établissement

    note également davantage de conflits et de stress chez les plus jeunes. «Il y a beaucoup plus d'enfants qui ne sont pas du tout alertes. Ils n'ont rien envie de faire… Je me demande vraiment parfois si c'est une bonne idée de les laisser vivre à Fukushima. Mais il y a ceux qui ne peuvent pas partir, et je ressens fortement le devoir de tout faire pour les aider.» © REUTERS/Toru Hanai

    Le chef d’établissement
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    D’ici une dizaine d’années,

    le risque est grand de voir nombre de ces enfants, selon les spécialistes, développer des comportements asociaux ou, plus grave pour certains, de se suicider. © REUTERS/Toru Hanai

    D’ici dizaine d’années