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Politique,  Erythrée

Erythrée: la libération de l'ancien patriarche orthodoxe réclamée par la France

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 15/06/2017 à 14H00

L'église orthodoxe Saint-Antoine à Keren Erythrée.
L'église orthodoxe de Saint-Antoine à Keren, sur les hauts plateaux d'Erythrée. © Michael Runkel / Robert Harding Premium / Robertharding

L’ancien patriarche de l’église orthodoxe d’Erythrée vit en résidence surveillée depuis le 27 mai 2007. Agé de 89 ans aujourd'hui, Abune Antonios a été déchu de son autorité en 2006 par l’Etat érythréen pour avoir critiqué le régime. La France s'est dit préoccupée appelant à sa libération.


Le «maintien en résidence surveillée depuis dix ans désormais de sa Béatitude Abune Antonios préoccupe» la France. Dans un communiqué, le quai d'Orsay «déplore» notamment que celui-ci n'ait «pas accès aux soins médicaux dont il a bseoin». Et le ministère français des Affaires étrangères d'ajouter: «Nous appelons à sa libération.» Et la même source de conclure que la France «appelle les autorités érythréennes à prendre toutes les mesures nécessaires pour respecter les engagements internationaux auxquels elles ont librement souscrit».

Le site d'opposition asmarino.com affirmait à l'époque de son éviction que l'ancien patriarche avait critiqué les interférences de l'Etat dans les activités de l'Eglise, une accusation fermement démentie par les autorités. Ce scandale est peu connu en France. 

Selon Christian Solidarity Worldwide (CSW), Abune Antonios s'était opposé à la fermeture de l’église Medhanie Alem à Asmara, la capitale, et à l’excommunion de 3.000 de ses fidèles, opposants au gouvernement, ainsi qu'à l’arrestation de trois de ses prêtres en novembre 2004.
Ces tentatives gouvernementales violent le droit ecclésiastique de l’Eglise, selon CSW. Son directeur exécutif, cité par infocatho.fr, le 27 mai 2017, «continuera à exiger sa libération immédiate et sans condition, ainsi que sa réinstallation»


La Commission américaine pour la liberté religieuse internationale a elle aussi fait campagne pour la libération du patriarche Antonios, qu’elle estime être un prisonnier «de conscience».

La religion est un sujet sensible en Erythrée, pays contrôlé, depuis son indépendance en 1993, d'une main de fer par le président Issaias Afeworki. Ce dernier tient à maintenir une unité nationale au sein des six millions d'habitants répartis entre chrétiens et musulmans.

I added a video to a @YouTube playlist https://t.co/QJerBZp4cB Short Version Ordination of HH Abune Antonios

L'Eglise orthodoxe est l'une des quatre religions autorisées avec le catholicisme romain, le protestantisme et l'Islam dans le pays. L'ONU y dénonce de nombreuses violations de droits de l'Homme alors qu'Amsara refuse toujours de répondre aux injonctions de la communauté internationale, soulignait récemment RFI.