Ethiopie: à Harar, la hyène, meilleure amie de l’homme

Par Laurent Filippi | Publié le 19/07/2017 à 14H19

A l’extrême Est de l’Ethiopie, à l’extérieur de la vieille ville fortifiée de Harar, connue comme la quatrième ville sainte de l’islam, nourrir les hyènes est une tradition et un rituel religieux. Aujourd’hui, les autorités en ont fait une opération lucrative pour la ville, qui attire de nombreux touristes venus admirer les dizaines mosquées.

9 photos datées de juillet 2017 de Tiksa Negeri illustrent ce propos

  • A tombée nuit près rues l'ancienne ville
    01 /09
    A la tombée de la nuit près des rues de l'ancienne ville,

    les hyènes sortent des grottes et rodent à la recherche de restes de viande. Mais les habitants de la ville sont habitués depuis des décennies à ce spectacle et n’en sont absolument pas effrayés. © Tiksa Negeri / Reuters

  • Une famille a été choisie pour s’occuper ces bêtes nourrir.
    02 /09
    Une famille a été choisie pour s’occuper de ces bêtes et les nourrir.

    Ceux qui sont en charge de ce travail ne craignent pas le danger et ne ressentent aucune peur à côtoyer de si près ces animaux sauvages. © Tiksa Negeri / Reuters

  • Abbas Yusuf surnommé l’Homme hyène est l’ d’eux.
    03 /09
    Abbas Yusuf, surnommé l’Homme hyène, est l’un d’eux.

    Il a appris à nourrir ces animaux avec son père, Yusuf Mume Salleh, qui pendant près d’un demi-siècle a pratiqué cette coutume avant de passer le relai à son fils quand il avait 13 ans.  © Tiksa Negeri / Reuters

  • «Depuis que mon père nourrit hyènes
    04 /09
    «Depuis que mon père nourrit les hyènes,

    elles n’ont jamais attaqué le peuple de Harar. Elles ne le font que si on s’attaque à leurs petits», explique Abbas Yusuf à Reuters. Les hyènes mettent souvent bas dans des fossés en ville. Il ajoute: «Mon père est reconnaissant que je continue son travail. Moi-même, je le transmettrai à mes enfants quand je serai vieux.» © Tiksa Negeri / Reuters

  • Au XVIe siècle
    05 /09
    Au XVIe siècle,

    Emir Nur Ibn Mujahid, dirigeant politique de Harar, a construit un mur de quatre mètres de haut autour de la ville, percée de cinq portes pour la protéger des envahisseurs. A cette époque, les hyènes ont pris l’habitude de venir manger les déchets jetés par les habitants au-dessus de l’enceinte. Mais pour que les animaux ne pénètrent pas dans la ville et s’approchent des demeures, les habitants ont décidé de les nourrir. © Tiksa Negeri / Reuters

  • Chaque année pour marquer naissance prophète Mahomet
    06 /09
    Chaque année, pour marquer la naissance du prophète Mahomet,

    la ville offre aux hyènes une sorte de bouillie faite de beurre et de viande sur un site considéré comme sacré, car les anciens dirigeants musulmans de la ville y sont enterrés. Si les hyènes refusent ce repas, les gens estiment que le pays sera marqué par la malchance. © Tiksa Negeri / Reuters

  • Au fil années
    07 /09
    Au fil des années,

    le travail de Yusuf est aussi devenu une attraction pour les touristes venus admirer les anciennes mosquées nichées dans la vieille la ville. Yusuf a baptisé les hyènes par de petits noms, comme «Dabbassoo» (Poilu), «Qallaa» (Maigre)… en fonction de leur comportement et de leur l'apparence. Pour mettre en confiance les curieux venus voir le spectacle, il n’hésite pas à les nourrir avec la bouche. © Tiksa Negeri / Reuters

  • Il précise
    08 /09
    Il précise:

    «C’est un privilège accordé par Dieu de pouvoir être ami avec ces animaux incompris. «J'ai un bébé hyène dans ma maison et je le garde dans ma chambre. Je n’ai pas peur du tout qu’il me morde quand je dors.»  © Tiksa Negeri / Reuters

  • Un commerçant ajoute que hyènes sont aussi utiles pour Harar
    09 /09
    Un commerçant ajoute que les hyènes sont aussi utiles pour Harar:

    «Elles sont un don de la nature car elles nettoient la ville. Sans elles, les rues seraient beaucoup plus sales.» Le gouvernement éthiopien réfléchit actuellement à la possibilité de donner un salaire à ceux qui nourrissent les hyènes afin de perpétuer la tradition. © Tiksa Negeri / Reuters