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Société,  Afrique

Etude OMS: plus les pays sont pauvres, moins il y a de césariennes

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP)@GeopolisAfrique | Publié le 26/01/2018 à 09H37, mis à jour le 26/01/2018 à 10H37

Hôpital Konso en Ethiopie.
Hôpital de Konso en Ethiopie. © BERAUD / BSIP

Une étude de l'OMS révèle que les accouchements par césarienne sont trop fréquents en Amérique latine et trop rares en Afrique. Globalement, plus les femmes sont pauvres, plus elles accouchent par voie basse. C'est le cas au Soudan du Sud, Tchad, Burkina Faso et en Côte d'Ivoire, pays qui enregistrent les taux les plus bas d'accouchement par césarienne.


Entre le Soudan du Sud et la République dominicaine, il existe de larges inégalités en matière d'accouchement par césarienne. Ce taux varie respectivement de 0,6%  à 58,9%, selon les auteurs d'une étude publiée le 25 janvier 2017 par la revue médicale britannique The BMJ et pilotée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Leurs travaux portent sur 72 Etats pendant la période 2010-2014 et excluent les pays les plus riches de la planète.

Dans de nombreux pays, les inégalités sociales se traduisent directement par le type d'accouchements. En Afrique subsaharienne, la césarienne est très peu pratiquée, par exemple au Tchad (1,5% des naissances), au Burkina Faso (2,1%) en Côte d'Ivoire (3,1%) ou en République Démocratique du Congo (5,5%). 


Les raisons de ces disparités sont «complexes» 
Les auteurs de l'étude soulignent que les césariennes sont plus répandues «chez les sous-groupes plus aisés, ce qui indique souvent qu'on en abuse». Ils citent des pays comme l'Egypte (55,5%), l'Argentine (43,1%) ou la Colombie (36,9%). D'après l'OMS, d'un point de vue médical, le taux de césariennes normal par pays devrait se situer entre 10 et 15%. 

En République dominicaine, par exemple, parmi les 20% de femmes les plus riches, 81% accouchent par césarienne. Parmi les 20% les moins riches, elles ne sont que 41%. Les raisons de ces écarts sont «complexes», d'après les auteurs.

«Une pénurie de personnel médical qualifié et d'infrastructures de santé, des coûts pour la parturiente, ou des croyances culturelles sur la valeur et les dangers d'une césarienne», semble expliquer la rareté des césariennes, selon les auteurs.

Pour les pays qui en abusent, ils évoquent de nombreux facteurs, structurels (comme les incitations financières ou la peur des risques juridiques) ou personnels (crainte de la douleur, des séquelles, questions de statut social).