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Ghana: remplacer l’appel à la prière par des SMS, les musulmans en colère

Par Géopolis@GeopolisAfrique | Publié le 19/04/2018 à 14H46, mis à jour le 19/04/2018 à 14H46

Prière au Ghana
A l'heure de la prière au Ghana. © Jordi Perdigo / ANADOLU AGENCY/AFP

La proposition du ministre ghanéen de l’Environnement, Kwabena Frimpong-Boateng, de remplacer l’appel du muezzin par des SMS ou des messages WhatsApp pour réduire les «nuisances sonores» a été considérée comme une provocation par la communauté musulmane, forte d’environ 20% de la population.


Haut-parleurs ou textos? Pour Kwabena Frimpong-Boateng, ministre de l’Environnement, de la Science, de la Technologie et de l'Innovation, le choix est vite fait. Pour réduire «les nuisances sonores» dans la capitale, Accra, il propose de remplacer l’appel du muezzin, cinq fois par jour, par des textos (SMS) ou des messages WhatsApp.

«Pourquoi le bruit doit-il être limité à la maison du culte? Pourquoi l’heure de la prière ne pourrait-elle pas être transmise avec un texto ou par message WhatsApp? L'imam pourra envoyer un message WhatsApp à tout le monde au moment de la prière», explique le ministre, au cours d’une conférence de presse (lien en anglais).

La communauté musulmane, environ 20% de la population, a peu apprécié la proposition. Selon des responsables d’associations, cela s’apparente à une «agression».

( Kwabena Frimpong-Boateng cherche-il un buzz ? Les musulmans et les chrétiens vivent ensemble. Ne changez pas notre image)


(Je suis en désaccord avec le professeur Kwabena Frimpong Boateng mais je suis contre l'utilisation des haut-parleurs)


La proposition du ministre de l'Environnement divise les Ghanéens. «Discours faux et lâche»: Alhaji Haiidu Abubakar Galaxy, coordinateur national du groupe Hausa Broadcaster, ne mâche pas ses mots. Il note que l’imam ne prend pas les coordonnées des fidèles et que ces derniers peuvent prier dans n’importe quelle mosquée.

Le Ghana n'est pas le premier pays africain à vouloir interdire les appels à la prière (adhan). Pour les mêmes raisons – nuisances sonores –, le gouvernement rwandais a interdit, courant mars, l'utilisation de haut-parleurs. Les musulmans représentent 5% de la population du Rwanda.