Le point sur...

Grèce : l’embarras de la France

Par Véronique Auger@GeopolisAfrique | Publié le 20/02/2015 à 16H30, mis à jour le 23/02/2015 à 08H43

Tsipras_Hollande

La France est dans une position bien difficile vis-à-vis des Grecs. La tendance naturelle du gouvernement le porte à la compréhension. Mais la realpolitik lui conseille de ne pas en faire état officiellement.

 La Grèce a réduit les minima sociaux à un niveau qui ne permet plus à ses habitants les plus modestes de vivre convenablement. Lui demander plus, comme par exemple de réduire encore les pensions de retraite, doit sembler inhumain à la plupart des ministres français issus du Parti socialiste. C’était le sentiment d’Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre grec, lorsqu’il est venu à Paris rencontrer le Président de la République.
Tsipras a vite déchanté. Au-delà des mots, la France ne pourra pas aller bien loin dans son soutien. Pour cause de politique intérieure.
François Hollande a fait le pari de rester dans les clous vis-à-vis de l’orthodoxie européenne dès son arrivée au pouvoir en faisant valider le Traité budgétaire. Il tente aujourd’hui d’obtenir un délai pour le respect strict des règles de la zone euro auprès de la Commission. Son projet n’est pas conforme. Il doit donc donner des gages. C’est l’objectif de la Loi Macron. Ce choix lui a déjà fait perdre une partie de sa majorité. Soutenir ouvertement Tsipras avec lequel la Commission est en opposition risquerait de tout gâcher.
François Hollande a aussi fait le pari qu’il était de l’intérêt de la France d’être proche d’Angela Merkel. A l’heure où l’on commence à parler de « Merkhollanderie » il serait inopportun d’aller s’opposer à l’Allemagne pour défendre un tiers. 
 
Enfin, et c’est ce que beaucoup disent à la gauche de l’échiquier politique français, l’intérêt de François Hollande n’est pas que la politique préconisée par Alexis Tsipras réussisse. C’est un peu exagéré mais pas totalement faux. Que dirait-on si, dans deux ans (au hasard, en 2017), après avoir appliqué ses remèdes, la Grèce de Tsipras reprenait des couleurs et que la France continuait à se traîner avec un chômage toujours élevé ?