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Grèce,  Europe

Grèce: les musulmans d'Athènes impatients d'avoir leur mosquée publique

Par Dominique Cettour-Rose@GeopolisAfrique | Publié le 23/01/2017 à 10H33

Un garage transformé en mosquée à Athènes.
Les musulmans d'Athènes, estimés à environ 300.000, transforment leurs garages et leurs sous-sols en mosquées. © Ayhan Mehmet / ANADOLU AGENCY

La première mosquée athénienne ouvrira ses portes en avril 2017 dans le quartier d’Eleonas, près du centre d'Athènes. Le projet avait été annoncé en 2000, mais se heurtait depuis à la résistance de riverains se revendiquant grecs orthodoxes et de mouvements d'extrême droite comme Aube dorée. En août 2016, face à l'afflux de migrants, les députés ont fini par statuer en faveur de sa construction.


Athènes va enfin avoir sa première mosquée officielle. D'une superficie d'environ 500m², l'édifice ne pourra cependant accueillir qu'environ 350 fidèles en même temps. L'Etat finance sa construction dont le coût est estimé à 946.000 euros.

Deux lois se sont succédé avant que les députés grecs (206 sur 300) n'adoptent enfin, en août 2016, un amendement ouvrant la voie à sa construction. Les députés d'Anel, petit parti souverainiste des Grecs indépendants, partenaire gouvernemental de Syriza, ont voté contre. Le ministre de l'Education et des Cultes Nikos Filis soulignait alors la nécessité pour «la cohésion sociale» de construire une mosquée à Athènes où vivent près de «200.000 musulmans».
 
Le ministre avait imputé les retards du projet, annoncé en 2000, à des problèmes «techniques et bureaucratiques», pour lequel il a fallu cinq appels d'offres avant que le chantier ne soit finalement attribué, en 2013.

Les seules mosquées de Grèce sont en Thrace
Les mosquées officielles de Grèce sont implantées en Thrace, région du nord-est du pays, frontalière de la Turquie, où vit une minorité musulmane turcophone, des pomaques de langue slave et des Roms de la région, également musulmans. 


Alors que moins de 5% de la population grecque déclare être de religion musulmane, le flux migratoire de ces dernières années, avec l'arrivée des premiers immigrés venant du Pakistan ou d'autres pays musulmans, comme la Syrie ou l'Afghanistan, a renforcé le manque de mosquées. 

Quatre autres mosquées à travers le pays, qui fonctionnaient jusqu'ici clandestinement, ont obtenu des autorisations. «Ces mosquées ne sont pas nouvelles, elles fonctionnaient depuis plusieurs années mais nous avons réussi à les légaliser», s'était félicité en août le ministre de l'Education.

Le fait qu'Athènes se dote enfin d'une mosquée publique représente une victoire aussi pour la communauté albanaise qui pratique un islam modéré et dont la première génération a immigré en Grèce après la chute du Rideau de Fer en 1991.