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Grèce: quand la presse se montre critique sur la question de la dette

Par Pierre Magnan@GeopolisAfrique | Publié le 24/06/2015 à 14H50, mis à jour le 24/06/2015 à 14H50

La presse s'interroge sur Grèce
Le feuilleton grec à la Une de la presse. © DR

Alors qu'un nouveau sommet se tient le 24 juin sur la Grèce (le dernier?), les éditorialistes se montrent souvent critiques sur la politique de l'Union européenne vis-à-vis du dossier grec. A commencer par l'éditorialiste économique de France 2, François Lenglet, qui estimait la veille que «ce plan ne s'attaque pas à l'essentiel».


François Lenglet sur France 2 s'est montré ironique et mordant sur le projet d'accord imposé par la zone euro à la Grèce, estimant qu'on «changeait les essuie-glaces d'une voiture qui est en panne, ça ne sert à rien».

François Lenglet (JT 20h de France 2, le 23 juin 2015) estime, dans un éditorial virulent, qu'«imaginer que la Grèce peut retrouver la croissance en supprimant des retraites anticipées ou en aménageant le régime fiscal de l'île de Mykonos, ça n'est pas sérieux.»


Pour le journaliste économique, le vrai problème «est la dette excessive du pays qu'il faut alléger. Elle ne sera jamais remboursée.»

François Lenglet n'est pas le seul à s'interroger sur la viabilité des accords qui semblent se mettre en place avec Athènes. Le journaliste de La Tribune, Romaric Godin, qui suit la question grecque, s'interroge lui aussi sur la dette. «Les leaders européens, lundi soir, ont exclu toute négociation sur la dette. Or, on le comprend, Alexis Tsipras ne peut réellement "vendre" au Parlement un accord sans un plan sur la dette.»
 

Sans accord sur la dette, «l'économie grecque serait ponctionnée pendant des années par des taxes et plombée par des mesures budgétaires restrictives (l'excédent primaire doit être de 3,5 % du PIB à partir de 2018 dans le nouvel accord) afin de rembourser les créanciers. Ce serait, en pire, la situation italienne depuis le milieu des années 1990 où les excédents primaires se succèdent et conduisent à un affaiblissement de la croissance qui, à son tour, rend les excédents primaires encore plus nécessaires», analyse Romaric Godin.

La question de la dette est pourtant au cœur du problème, reconnaissent Les Echos : «Au Sommet, Alexis Tsípras a une nouvelle fois réclamé une "dette viable". Et, même si la moindre allusion à une restructuration peut déplaire au Bundestag, "la question de la soutenabilité de la dette devra faire partie d'un accord", a reconnu lundi soir Angela Merkel, mal à l'aise. Le secrétaire d'Etat au Trésor américain, Jacob Lew, a d'ailleurs appelé mardi les Européens à "faire leur part du travail". Au mieux, l'Eurogroupe pourrait formuler un engagement sur un futur cadre de négociations de la dette.»

Le Monde rappelle d'ailleurs que le FMI «reste l'allié d'Athènes sur le terrain de l'allègement de la dette hellène, dont les Européens ne veulent pas entendre parler». L'économiste du FMI, Olivier Blanchard, indiquait sur son blog: «Nous estimons que dans la proposition actuelle, l’allègement de la dette peut prendre la forme d’un long rééchelonnement des échéances à de faibles taux d’intérêts. Cela dit, toute autre réduction de l’objectif d’excédent primaire, aujourd’hui ou demain, exigerait vraisemblablement des décotes

Le débat n'est pas nouveau. Le 11 septembre 2011, lors de sa première intervention télévisée au lendemain de ses ennuis new-yorkais, Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur du FMI, faisait déjà ce constat, estimant que l'Union européenne devait «prendre sa perte»

Dominique Strauss-Kahn, le 18 septembre 2011, demandait déjà un règlement de la dette grecque.


Conscient des problèmes, le New York Times affirmait avant la réunion du 24 juin que «l'ampleur des sujets restant à résoudre signifie qu'il ne peut y avoir aucune garantie de succès, mercredi soir, selon les observateurs». Comme quoi la question grecque est loin d'être terminée...