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Guinée: 74% de recalés au baccalauréat et zéro rattrapage

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 20/07/2018 à 17H18

Affiche l'Unesco «Conakry capitale livre» en 2017
Un passant devant une affiche de l'Unesco pour la promotion de l'évènement «Conakry, capitale du livre» en 2017. © Cellou Binani/ AFP

En Guinée, les résultats de l’épreuve du baccalauréat ont été annoncés le 16 juillet 2018 et les chiffres sont particulièrement décevants cette année. Un jeune sur quatre seulement a décroché le sésame qui permet d’accéder à l’enseignement supérieur.


«Avec 26% d’admis, le bac 2018 vient de battre des records d’échec», souligne MediaGuinée. C’est la première fois depuis de nombreuses années que le taux de réussite national est aussi bas. Des dizaines de milliers de jeunes Guinéens doivent redoubler ou arrêter les études parce que le système ne prévoit pas de session de rattrapage. 

L’échec du système
La déception est générale dans le pays. Un coup de massue dans certaines communes, comme le relève Guinée Matin, où parfois le taux de réussite est de 0%. Et pourtant, y a deux ans à peine, ce chiffre dépassait les 40% au plan national.

A qui la faute? «On a tendance à blâmer les élèves seulement. Les résultats que l’on voit sont aussi ceux des enseignants, des administrations scolaires, des parents  et de toute la société guinéenne», explique Faya Milliminou, un opposant politique cité par Mosaïque Guinée. Un inspecteur de l’éducation appelle pour sa part à tirer les leçons de cet échec pour rectifier le tir. «Tout dépend de la base, quand l’élève rate le début, il traîne ses lacunes jusqu’en terminale», explique Moriba Sidibé à Guinée Matin.
 
Moyens et réforme
Les mauvais résultats du baccalauréat ont relancé le débat sur les nombreuses failles du système éducatif guinéen. Recrutement des enseignants, mauvais encadrements, salaires indécents, classes surchargées…

Outre ces problèmes récurrents, le taux de réussite a été impacté par une réforme récente du baccalauréat. Depuis 2017, elle repose uniquement sur les notes des épreuves de fin d’année. Avant, les notes du contrôle continu comptaient pour la moitié de l'épreuve et certaines écoles privées gonflaient les notes de leur élèves afin obtenir un pourcentage élevé d’admis au baccalauréat.