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Guinée,  Afrique

Guinée : course contre la montre pour enrayer le virus Ebola

Par Valérie Kowal@GeopolisAfrique | Publié le 31/03/2014 à 15H48

Hopital conakry
L'hôpital de Conakry, en Guinée, le 27 mars 2014, où le virus Ebola a déjà causé la mort de 67 personnes. © AFP/Cellou Binani

C'est une véritable course contre la montre qui est engagée par les autorités sanitaires guinéennes pour enrayer l'expansion d'une épidémie de fièvre Ebola. Un virus responsable depuis début février d'une dizaine de morts dans le pays mais aussi au Liberia et en Sierra Leone.

La nouvelle est tombée le 27 mars. Le virus Ebola, jusque là circonscrit dans le sud du pays, a touché la capitale Conakry. Les malades ont été immédiatement transférés en isolement car ce virus est extêmement contagieux. Aucun vaccin n'existe avec un taux de mortalité qui peut atteindre 90%.

L'arrivée du virus à Conakry, une ville de deux millions d'habitants, est considérée par les autorités sanitaires comme un tournant. Selon les derniers chiffres, communiqués par le ministre de la Santé, Rémy Lamah, 88 cas de fièvre hémorragique virale ont été détectés dans le sud du pays et 63 personnes y sont mortes depuis début janvier.

«En Guinée, un pays dont les infrastructures sont déjà faibles, une maladie comme celle-ci peut-être dévastatrice», explique le docteur Mohammed Ag Ayoya, représentant de l'Unicef en Guinée.


Le virus Ebola est l'une de maladies les plus dangereuses pour l'homme. Il se transmet via des animaux sauvages et la contamination se fait par contact direct avec le sang, la sueur et le lait maternel (Le Figaro). Après une période d'incubation, tout va très vite jusqu'à l'insuffisance rénale, hépatique et l'hémorragie. 

Les médecins sont eux-mêmes très exposés. Le docteur Esther Sterk, spécialiste des maladies tropicales pour Médecins sans Frontières, l'explique sur le site de l'ONG : «Les proches ainsi que le personnel de santé s'occupant des malades courent de grands risques d'être contaminés. La forte mortalité et les signes hémorragiques sont tellement impressionnants qu'il est souvent arrivé que le personnel de santé s'enfuie en abandonnant les patients.»

L'épicentre de la propagation du virus semble être la Guinée. Les premiers cas y ont été recensés début février. C'est la première fois que le virus qui touche habituellement la République démocratique du Congo, l'Ouganda, le Gabon et le Soudan du Sud y est signalé (Le Monde). Récemment, le Canada s'est fait peur en croyant avoir recensé un cas sur son sol. Heureusement, les test réalisés sur un homme hospitalisé le 24 mars se sont révélés négatifs.

Des «kits d'hygiène» ont été distribués en urgence à Conakry et dans les six pays frontaliers de la Guinée, où la vigilance est à son maximum. C'est en 1976 que le virus Ebola a été recensé pour la première fois en République démocratique du Congo. Il a tué 1200 personnes sur 1800 cas avérés.