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Indonésie,  Asie-Pacifique

Indonésie: destruction au bulldozer d'un quartier chaud de Jakarta

Par Dominique Cettour-Rose (avec AFP)@GeopolisFTV | Publié le 29/02/2016 à 16H47, mis à jour le 06/03/2016 à 16H29

Balais pelleteuses dans quartier rouge Jakarta
Un soldat indonésien surveille la destruction au bulldozer d'un quartier chaud de Jakarta, le 29 février 2016. © CITIZENSIDE / Natanael

L’un des plus anciens quartiers chauds d’Indonésie a été rasé, le 29 février 2016, par des bulldozers sous l’œil d’une centaine de policiers et militaires. Les autorités du pays veulent éradiquer la prostitution d’ici 2019 dans tout l’archipel.


Dans un quartier chaud de Jakarta, connu sous le nom de Kalijodo, il n’aura fallu que quelques minutes aux pelleteuses pour en finir avec les bars clandestins et les maisons closes. Ces bâtiments sont reconnaissables aux publicités pour la bière et aux panneaux sur lesquels on aperçoit des femmes nues. 


Le maire de Jakarta-Nord, Rustam Effendi, qui supervisait les opérations, a expliqué que ces établissements étaient illégaux et qu’un parc public les remplacerait. «Il y avait ici au grand jour de la prostitution et toutes les choses qui vont avec, comme de l’alcool», a-t-il affirmé à l’AFP.

Les autorités avaient donné une semaine aux quelque 3.000 habitants de Kalijodo pour déménager. Ceux qui ne savaient pas où aller ont été évacués des maisons par les forces de l’ordre qui ont également saisi d’importantes quantités d’alcool. 

Aide financière aux prostituées
Le gouvernement s’est engagé à offrir une aide financière aux prostituées délocalisées. Les autorités ont pris la décision de fermer Kalijodo après un accident de la route mortel, causé par un chauffard en état d’ébriété.

L'Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, avait annoncé récemment vouloir détruire une centaine de quartiers chauds dans tout le pays. Un haut lieux de la prostitution, Dolly, à Surabaya, deuxième ville du pays, avait été vidé des ses prostituées en 2014.


Plus d'un millier de prostituées, certaines en tenue sexy mais le visage dissimulé, avaient, le 18 juin 2014, manifesté contre la femeture de Dolly. Mais beaucoup d’entre elles sont toujours en activité, a reconnu le gouverneur de Jakarta, Basuki Purnama. Depuis leur éviction, elles excercent, selon lui, «dans le cimetière».

«Ces femmes n'ont pas d'autre choix que de travailler dans l'industrie du sexe pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille», avait à l'époque expliqué une membre d'une ONG locale soulignant leur «niveau de scolarité trop faible» pour prétendre trouver un emploi.

Un haut responsable du ministère des Affaires sociales, Sonny Manalu, assure néanmoins que 68 quartiers considérés comme chauds ne le sont plus grâce aux opérations entreprises ces dernières années par les autorités locales, qui sont dotées de pouvoirs considérables.

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