Clap

Israël,  Iran,  Moyen-Orient,  Etats-Unis,  Amérique

Iran: double offensive verbale de Khamenei et du Hezbollah contre Israël

Par Alain Chemali@GeopolisFTV | Publié le 21/02/2017 à 17H30

Le Guide suprême iranien Ali Khameneï
Le Guide suprême iranien, Ali Khameneï, entouré du président Hassan Rohani (à G) et du président du parlement, Ali Larijani, et du responsable de la justice Sadeq Larijani (àD) lors de l'ouverture de la VI° conférence de soutien à l'Intifada palestinienne, le 21 février à Téhéran. Le Guide a appelé à la libération complète de la Palestine. © Centre de préservation des œuvres du Guide suprême/AFP

Sur fond de durcissement de ton des Etats-Unis et d’Israël envers l’Iran,le guide suprême Ali Khamenei a décoché sa relance favorite. Il a à nouveau qualifié l’Etat hébreu de «tumeur cancéreuse» et appelé à la libération totale de la Palestine.De son côté, le chef du Hezbollah affirme qu’il ne se sent plus tenu par une ligne rouge et menace de frapper des zones sensibles en Israël si besoin était.

En pleine montée des tensions entre l’Iran d’un côté, les Etats-Unis et Israël de l’autre, le guide suprême de la République islamique d’Iran choisit l’escalade verbale.
 
Pour la énième fois depuis 27 ans qu’il occupe ce poste , Ali Khamenei a dégainé une formule, utilisée systématiquement jadis par l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, dont il est sûr qu’elle a le don d’exaspérer les dirigeants israéliens.

Le guide iranien traite Israël de tumeur cancéreuse 
A cours de la sixième conférence internationale de soutien à l’intifada (soulèvement) de la Palestine, qui s’est ouverte le 21 février à Téhéran, il a qualifié Israël de «tumeur cancéreuse».
 
«Cette tumeur cancéreuse a progressé par étapes et son traitement doit  aussi se faire par étapes», a-t-il expliqué. Selon l’ayatollah Khamenei, plusieurs intifada et actes de résistance, auraient «permis d'atteindre des objectifs d'étape très importants» et continueront jusqu'à «la libération totale de la Palestine».
 
Dans son discours retransmis par la télévision d’Etat, il a également estimé que «la résistance» à Israël avait permis la «libération» du sud-Liban en 2000 et de Gaza en 2005, après le retrait unilatéral de Tsahal. Sans cela, «le régime sioniste se serait emparé de territoires en Egypte, en Jordanie, jusqu’en Irak et au golfe Persique», a-t-il extrapolé.
 
Un rappel qui s’est opportunément accompagné d’un entretien accordé à la télévision iranienne par le secrétaire général de la milice chiite du Hezbollah, bras armé de la révolution islamique iranienne au Liban.
 
Le Hezbollah s'exonère de toute ligne rouge en cas d'attaque israélienne
Face au resserrement des rangs entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu à l'égard de Téhéran et de son mouvement, Hassan Nasrallah a mis en garde Israël d’attaquer le Liban. Affirmant n’avoir aucune inquiétude face à l’Etat hébreu et convaincu que c’est ce dernier qui craint désormais le Hezbollah, il a prévenu : «je crois que notre prochaine victoire sera encore plus éclatante que celle que nous avons connu en 2006.»
 

Plus encore, il a affirmé qu’en cas d’attaque israélienne  le Hezbollah se sentirait dégagé de toute ligne rouge et riposterait contre des points sensibles en Israël provoquant «une véritable catastrophe dont les conséquences toucheraient à la fois l’armée israélienne, le gouvernement et les colons.»
 
«Le Hezbollah se tient prêt à frapper Haïfa et Dimona et il n’hésitera pas à le faire, si besoin est», a-t-il dit. Une menace ciblant clairement les réservoirs d’ammoniac de la ville portuaire de Haïfa au nord d’Israël et le complexe nucléaire de Dimona dans le désert du Néguev.
 
Décrivant enfin le président américain Donald Trump comme «une personnalité déséquilibrée et imprévisible», Hassan Nasrallah prévoit une longue période de tension à l’intérieur des Etats-Unis et sur la scène internationale.
 
Cette double offensive verbale de l’Iran et du Hezbollah contre Israël intervient en tout cas en réaction à la visite de Benjamin Netanyahu à Washington. Le Premier ministre israélien avait vanté «une occasion sans précédent, car nombre de pays arabes ne considèrent plus Israël comme un ennemi, mais comme un allié face à l’Iran et à Daech, les forces jumelles de l’Islam qui nous menacent tous.»