Clap

Culture,  Sénégal,  Afrique

Islam: du Sénégal au Tchad, Aïd se dit Tabaski

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 01/09/2017 à 16H32

Tabaski à Dakar
Un marchand de moutons attend les clients sur le marché de Dakar le 30 août 2017. © Sia KAMBOU / AFP

Son nom est différent, mais il s’agit de la même fête. Dans la zone subsaharienne, les musulmans fêtent la Tabaski. Il s’agit de marquer la fin de la période du pèlerinage de La Mecque, et de commémorer l’alliance d’Ibrahim avec Dieu. Bien sûr, le sacrifice du mouton est au centre de la fête.


Au Maghreb, on l’appelle Aïd el-Kebir, en Asie, on parle de Bayram. Mais dans le Sahel, de Dakar à N’Djamena, c’est un mot emprunté aux Wolofs qui domine: Tabaski. En fait, le mot n’appartient à aucun des vocables des pays où il est en usage. Il est d’origine berbère, affirme Seneweb.com. Il découlerait du mot «Tafaska» qui signifie fête. L’influence berbère dans le passé a permis au terme de se répandre dans toute la bande sahélo-saharienne. Il s’étend même jusqu’au golfe de Guinée, d’Abidjan à Lagos au Nigeria.
 
La «fête du sacrifice» célèbre l’épisode relaté à la fois dans l’Ancien Testament et le Coran. Dieu demande à Ibrahim (Abraham chez les juifs) de sacrifier son fils pour éprouver sa foi. Au moment où l’homme abat son couteau, l’ange Gabriel remplace l’enfant par un mouton.

Alors, pour la fête, on se doit de sacrifier un mouton, une chèvre, voire même une vache. La viande sera partagée en trois: la famille, les voisins, les pauvres. C’est un moment fort de l’islam et les croyants ne manqueront pas de marquer cette fête. Mais elle coûte cher, entre l’achat du mouton et les cadeaux, explique Rozenn le Roux dans le blog Saint-Louis du Sénégal. «Tout le monde s’attend à avoir quelque chose, que ce soit en nature ou en espèces.»

Sacrifice moutons
© SIA KAMBOU / AFP

Le seul achat du mouton représente un budget conséquent. A Conakry, rapporte Aminata.com, le prix d’un mouton peut atteindre deux millions de francs guinéens (environ 190 euros) sur les marchés de bétail. Un sacrifice dans tous les sens du terme au regad des salaires pratiqués. «Moi j’étais venu acheter un mouton, mais avec ce prix-là, je ne pense pas que ce soit possible», constate amèrement un habitant de la capitale guinéenne. Mais il promet de revenir voir plus tard.
 
Tabaski est une fête incontournable. Pour 2017, le Sénégal estime avoir besoin de 750.000 moutons.