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Israël en position de bouclier du camp arabo-sunnite face au camp irano-chiite

Par Alain Chemali@GeopolisFTV | Publié le 09/01/2016 à 15H00, mis à jour le 09/01/2016 à 15H00

Benjamin Netanyahu Yossi Cohen 15 octobre 2015
Yossi Cohen (à droite), nommé par Benjamin Netanyahu nouveau patron du Mossad depuis le 7 décembre 2015, affirme que l’Iran reste le principal défi d’Israël.
© AFP PHOTO / GALI TIBBON

En pleine montée des périls entre Ryad et Téhéran, le nouveau chef des services de renseignements israéliens a choisi son camp. Dans son discours de prise de fonction, il a réaffirmé que la lutte contre l’Iran et son programme nucléaire demeurait la priorité. Une manière opportune de rappeler au camp sunnite, mobilisé derrière l’Arabie Saoudite, l’intérêt qu’il y a à combattre un ennemi commun.


A l’âge de 54 ans, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de l’Etat hébreu, Yossi Cohen a été nommé par Benjamin Netanyahu chef de la puissante centrale des renseignements extérieurs israéliens.

La menace iranienne «plus tangible» selon le nouveau chef du Mossad 
Lors de sa prise de fonction, le 6 décembre 2015, le nouveau patron du Mossad en a profité pour réaffirmer que la menace iranienne demeurait le principal défi d’Israël.
 
«Malgré l’accord nucléaire et sans doute à cause même de cet accord, a-t-il déclaré, la menace iranienne est devenue plus tangible. L’Iran continue à appeler à la destruction d’Israël, à moderniser ses capacités militaires tout en renforçant sa mainmise dans notre région.»
 
Le jour même, le gouvernement israélien dénonçait l’essai d’une bombe H effectué par la Corée du Nord «car il crée un précédent pour l’Iran». «Il ne faut pas qu’il y ait accord et qu'ensuite l’Iran se dote de l’arme nucléaire, a encore dit le ministre de l’Energie.
 
Pour lui, «un travail de renseignement est nécessaire pour s’assurer que l’Iran ne viole pas ses engagement comme l’a fait la Corée du Nord».

L'Arabie Saoudite et Israël ont l'ennemi iranien en partage 
Un credo qui intervient en pleine crispation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran et qui vient rappeler au nouveau roi Salman que l’Etat hébreu et le royaume wahhabite ont l’ennemi iranien en commun.
 
L’ancien Premier ministre Ehud Barak est même allé plus loin. «Nous avons intérêt à constituer une alliance formelle avec nos voisins pour combattre le radicalisme islamique», a-t-il déclaré à la radio militaire israélienne, visant tout autant l’Etat islamique du Calife al-Baghdadi que la République islamique de l’Ayatollah Khamenei.
 
Même si une telle perspective a peu de chance d’aboutir officiellement, des signes sont apparus attestant qu’un tel rapprochement n’est pas impossible. Pour la première fois dans son histoire, Israël va avoir une représentation diplomatique à Abou Dhabi.
 
Début juin 2015, le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères a échangé à Washington une poignée de main avec Anwar Eshki, ancien général et conseiller de haut rang du régime saoudien.

Des contacts forts entre l'Etat hébreu et les pays sunnites pragmatiques 
Il y a deux mois, un haut responsable israélien cité par le journal Le Monde affirmait: «Nos contacts avec les Etats sunnites pragmatiques sont plus forts que jamais, précisant, il s’agit d’une révolution silencieuse, d’une diplomatie champignon. Les champignons poussent dans le noir, si on allume, leur croissance sera perturbée.»
 
En attendant, le camp des pays sunnites resserre les rangs autour de l’Arabie Saoudite. Le Bahrein, le Soudan, Djibouti et la Somalie ont rompu leurs relations diplomatiques avec l’ennemi perse. Les Emirats arabes unis ont réduit leur représentation diplomatique. Le Koweit et le Qatar ont rappelé leurs ambassadeurs.

Pour Erdogan, Israël et la Turquie ont besoin l'un de l'autre 
La Turquie enfin, après avoir qualifié «d’affaire intérieure saoudienne» l’exécution du Cheikh al-Nimr, à l’origine de la brouille avec Téhéran, a convoqué elle aussi l’ambassadeur iranien.
 
Quelques jours auparavant, le président Erdogan, qui œuvre à normaliser ses relations avec Tel-Aviv, affirmait: «Israël a besoin d’un pays comme la Turquie dans la région, ajoutant, nous devons également accepter le fait que nous avons besoin d’Israël. C’est une réalité dans la région.»  

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