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Israël: l'espionne «Perle du Mossad» au Liban s'éteint à l'âge de 100 ans

Par AFP@GeopolisAfrique | Publié le 23/05/2017 à 14H14

Shlomit Kishik-Cohen
Portrait d'époque de Shlomit Kishik-Cohen, l'espionne israélienne «numéro un» au Liban. Capture d'écran Youtube par l'Orient-Le Jour © Capture d'écran Youtube

Shlomit Kishik-Cohen, espionne israélienne surnommée «la perle du Mossad», est décédée le 22 mai 2017 à l'âge de 100 ans, selon la presse israélienne. Elle avait longtemps travaillé au Liban voisin, aidant notamment au transfert de juifs libanais et d'autres pays arabes vers Israël.

Surnommée la «Perle du Mossad», Shlomit Kishik-Cohen  aurait a son actif d’avoir exfiltré un millier de juifs du Liban en Israël. «Adieu (...) l'espionne israélienne numéro un au Liban», a écrit le quotidien Yediot Aharonot pour annoncer sa mort.

Elle épouse un riche commerçant libanais et va vivre à Beyrouth 
Cette femme, également connue sous le nom de «Shoula», était née en 1917 en Argentine dans une famille juive qui a émigré à Jérusalem alors qu’elle était encore jeune.
 
Elle épouse un riche commerçant libanais juif, Joseph Cohen, de 20 ans plus âgé qu'elle, et va vivre avec lui à Beyrouth.

Dans la capitale libanaise, elle tisse des liens avec de hauts responsables du gouvernement et commence à travailler bénévolement pour le futur Etat israélien.

D'après le «Centre du patrimoine des renseignements», elle aurait ainsi obtenu, à la veille de la proclamation de l'Etat d'Israël en 1948, des informations sur des préparatifs militaires en cours au Liban et dans des pays arabes en vue d’une guerre contre Israël.

Cette femme, qui avait rejoint le Mossad à la création de l'Etat hébreu, a transmis des renseignements militaires venant de Syrie et du Liban de 1947 à 1961.

Shlomit appartenait au plus important réseau d'espionnage de l'époque
Il y a quelques années, elle affirmait avoir rencontré tous les chefs de la police et des services de renseignement libanais, ainsi que des présidents de ce pays: «J'ai rencontré à l'époque le président Camille Chamoun, (...) puis Bachir Gemayel», tué peu après sa prise de fonctions lors de l'invasion israélienne du Liban en 1982.

Elle disait n'avoir jamais rien révélé à son époux de ses activités et avoir réussi à faire venir deux de ses fils en Israël. «Shoula» a été arrêtée en 1961 au Liban où elle a été condamnée à mort avant que sa peine soit commuée en appel.

Elle faisait partie d'une «réseau d'espionnage très important» à l'époque, «sinon le plus important», expliquait Sami al-Khatib, un ex-responsable des services de renseignement libanais, dans un documentaire d'Al-Jazeera diffusé en 2016.

Elle a été libérée lors d'un échange de prisonniers après la guerre israélo-arabe de juin 1967 et vivait depuis à Jérusalem avec sa famille.