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Israël: la colonisation et les «nouvelles règles du jeu»

Par Eléonore Abou Ez avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 24/01/2017 à 17H15, mis à jour le 24/01/2017 à 17H51

La colonisation israélienne à Jérusalem-Est
Une vue générale montre la colonisation israélienne de Pisgat Zeev à Jérusalem-Est (au centre) et le village de Hizma (arrière-plan) en Cisjordanie.   © THOMAS COEX / AFP

Le gouvernement israélien a donné son autorisation, le 24 janvier 2017, à la construction de 2 500 nouveaux logements dans les colonies en Cisjordanie. C'est la deuxième annonce du genre depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Les Palestiniens réclament une action internationale «immédiate».


«Les règles de jeu ont changé avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Nous n’avons plus les mains liées comme du temps de Barack Obama.» C’est avec ces mots que l’adjoint au maire israélien de Jérusalem, Meïr Turjeman, a donné son feu vert à la construction de 566 logements dans trois implantations juives de la partie palestinienne de Jérusalem. Le programme prévoit au total la construction de 11.000 habitations.
 
Trump plus conciliant sur la colonisation 
Les permis de construire de ces logements avaient été gelés fin de décembre 2016 à la demande de Netanyahu, pour éviter de nouvelles critiques de Washington sur ce dossier épineux. «On m’a dit d’attendre que Trump prenne ses fonctions car il n’a aucun problème avec les constructions à Jérusalem», a confirmé à la radio publique israélienne l’adjoint au maire de la ville.

Le nouveau président américain a d’ailleurs nommé comme ambassadeur en Israël un partisan de la colonisation. David Friedman préside l’Association des amis Beit El, qui soutient et finance la colonisation en Cisjordanie, comme le souligne Le Figaro. Donald Trump a lui-même fait un don de 10.000 dollars en 2003 à cette association, comme l'a révélé son fondateur Yaakov Katz, cité par Times of Of Israel. 
 
Un défi à l’ONU
L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a condamné ces projets de colonisation qui mettent en péril la possibilité de parvenir à une solution à deux Etats et réclame une action internationale immédiate..
«La décision israélienne est un défi au Conseil de sécurité de l’ONU», relève Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestinienne.

Le 23 décembre 2016, 14 membres du Conseil de sécurité ont voté une nouvelle résolution demandant l’arrêt immédiat de la colonisation israélienne. Un texte qui a pu passer grâce à l’abstention de Washington.
La France a pour sa part condamné la relance de la colonisation.         
 
L’annexion d’une colonie en Cisjordanie
Autre projet en cours du gouvernement israélien: l’annexion de Maalé Adoumim, la plus grande colonie de Cisjordanie, située dans les faubourgs de Jérusalem. Mais selon les médias israéliens, des membres de l’entourage du président Trump auraient conseillé au Premier ministre israélien d’éviter de prendre des décisions «unilatérales». Malgré cela, la ministre de la Justice Ayelet Shaked, membre du Foyer juif, préconise la politique du fait accompli et rappelle elle aussi que «les règles du jeu ont changé».
 
Près de 430.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et plus de 200.000 autres sont installés à Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat.