Israël: les Erythréens menacés d’expulsion célèbrent l'Epiphanie

Par Laurent Filippi | Publié le 25/01/2018 à 09H37

En Israël, vit une importante communauté de chrétiens venus d’Erythrée. Ils ont fui la misère et la dictature. Mais le Parlement israélien a durci sa «loi anti-infiltration». Et beaucoup d’entre eux, sans-papiers, craignent les mesures prises par Benjamin Netanyahu. Il leur demande de choisir entre expulsion et incarcération. En janvier 2018, malgré leur inquiétude, ils ont fêté l’Epiphanie.

Le photographe Heidi Levine s’est rendu à Qasr el Yahud, haut lieu de pèlerinage le long de la rive occidentale du Jourdain, à l'est de la ville de Jéricho. Huit photos illustrent ce propos.

  • L'Eglise érythréenne orthodoxe
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    L'Eglise érythréenne orthodoxe

    est une église autocéphale née en 1993 suite à l'indépendance du pays. En janvier, les fidèles célèbrent Timqet, la fête religieuse la plus importante de cette communauté, à la fois reconstitution rituelle du baptême de Jésus dans le Jourdain et de l'Epiphanie (manifestation de Dieu aux mages). A cette occasion, les prêtres sortent les tabots (copies de l'Arche d'Alliance) des églises pour les amener vers un lieu d'eau bénite où certains participants sont baptisés. Ces rassemblements sont une des rares occasions pour les Erythréens de se réunir en nombre et de communier ensemble. © Heidi Levine / Sipa

  • En 2005
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    En 2005,

    le régime d’Asmara a destitué le patriarche de l’église orthodoxe d’Erythrée, Abune Antonios, car il critiquait l’intervention de l’Etat dans les affaires religieuses. Agé de 89 ans, il vit en résidence surveillée depuis le 27 mai 2007, explique Géopolis. En Erythrée, les nouvelles églises sont interdites depuis 2002. L’Etat ne reconnaît que l'Eglise luthérienne, l'Eglise catholique romaine et l'Eglise tewadeho. © Heidi Levine / Sipa

  • Depuis quinze ans
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    Depuis quinze ans,

    les chrétiens qui représentent 50% de la population érythréenne sont vus comme une menace par le gouvernement. «Ils sont traqués par les services de sécurité qui n’hésitent pas à abattre ceux qui tentent de s’enfuir (…). Ils sont assimilés à des dissidents ou des opposants politiques parce qu’ils pratiqueraient leur foi dans des lieux de rassemblement qui ne sont pas autorisés», raconte Clémence Martin, chargée de communication à l’ONG Portes Ouvertes. © Heidi Levine / Sipa

  • Pour échapper à cette situation
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    Pour échapper à cette situation,

    beaucoup ont fui le pays et trouvé refuge en Israël, où ils représentent officiellement 1% des chrétiens du pays. Selon le Bureau central des statistiques, 170 000 israéliens sont de foi chrétienne, soit 2 % de la population. «Parmi les 250.000 travailleurs étrangers vivant en Israël, un grand nombre sont des orthodoxes, surtout des Erythréens, d’autres sont des catholiques», précise le site Terre Promise© Heidi Levine / Sipa

  • «Israël a tenté plus en plus décourager Erythréens
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    «Israël a tenté de plus en plus de décourager les Erythréens

     de venir dans le pays en mettant sur pied des établissements similaires à des prisons pour ceux qui arrivaient et en fortifiant la frontière avec l’Egypte. En même temps, ceux qui étaient déjà en Israël subissaient des pressions pour quitter le pays, un départ facilité par la signature de documents de déportation volontaire», précise le site Jewish-Christian Relations. © Heidi Levine / Sipa

  • Selon chiffres officiels juin 2017
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    Selon les chiffres officiels de juin 2017,

    environ 28.000 Erythréens vivent en Israël. Les autorités se flattent de les avoir convaincus, par des mesures incitatives, à partir de leur plein gré. Mais les ONG dénoncent «le manque de transparence» des conditions dans lesquelles ces départs se sont opérés.  © Heidi Levine / Sipa

  • Début janvier 2018
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    Début janvier 2018,

    les autorités israéliennes ont annoncé que les étrangers en situation irrégulière, majoritairement des Erythréens et des Soudanais, ont jusqu'à la fin mars pour quitter «la Terre promise». © Heidi Levine / Sipa

  • «Les migrants qui accepteront partir
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    «Les migrants qui accepteront de partir

    se verront pour leur part remettre un billet d’avion et près de 3.000 euros. Après le 1er mars 2018, il sera encore possible pour ces personnes de quitter volontairement Israël, mais la prime au départ sera dégressive… Et ceux qui refuseront seront emprisonnés, a prévenu le ministère de l’Intérieur», précise «Jeune Afrique». © Heidi Levine / Sipa