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Israël: un projet sur le volume des appels à la prière fait du bruit

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 22/11/2016 à 17H27

Un muezzin palestinien
Un muezzin palestinien appelle à la prière à la mosquée Al-Aqsa dans la Vieille ville de Jérusalem, le 21 novembre 2016. © Ahmad Gharabli / AFP

Un projet de loi en Israël veut interdire l’emploi de haut-parleurs pour l’appel à la prière en raison notamment de «nuisance sonore». Le texte suscite une vague d’indignation au sein de la communauté arabe et chez de nombreux musulmans.

 
Théoriquement, la proposition de loi concerne tous les lieux de culte. Mais ce sont les musulmans qui se sentent visés. La minorité arabe d’Israël, déjà marginalisée, y voit une atteinte supplémentaire à ses droits. Les Palestiniens de Jérusalem-Est occupée dénoncent une offense à la pratique religieuse.
 
Le chant du muezzin en sourdine
Le texte élaboré par des députés du Foyer juif, un parti nationaliste religieux, vise à réduire le volume sonore des appels à la prière. Il interdirait les haut-parleurs de 23h à 6 h. Dans la religion musulmane, l’appel à la prière est lancé par le muezzin cinq fois par jour, y compris au moment du coucher du soleil et à la pointe du jour.  
 
Nuisance sonore ou récupération politique?
Le projet de loi est soutenu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui souhaite «protéger ceux qui souffrent du bruit excessif de ces messages comme dans de nombreuses autres villes». L’utilisation de haut-parleurs pour l’appel à la prière est notamment interdit à Bombay, en Inde, à Lagos, au Nigeria, et au Caire, en Egypte, selon le site The Times of Israël. Mais l’ONG Israel Democracy Institute accuse la droite d’exploiter ce dossier sensible pour séduire l’opinion publique.  
 
La colère monte et s’amplifie
Le projet provoque l’indignation chez les Arabes israéliens, chez les Palestiniens et fait écho dans plusieurs pays musulmans. La ligue arabe a dénoncé une «très dangereuse provocation», la Jordanie a mis en garde contre tout changement à la mosquée Al Aqsa et la Turquie a jugé «inacceptable» la proposition de loi.

Les réseaux sociaux se sont emparés eux aussi de l’affaire et un mot-dièse a été créé pour défendre «les minarets de Jérusalem».

Un tweet reprenant les mots de la députée arabe, Hanin Zoabi, qui invite ceux qui sont gênés par les appels à la prière à retourner en Europe. 

Et les sirènes du shabbat
Mais avant la réaction des musulmans, le projet de loi concernant les appels à la prière avait été rejeté par un ministre ultra-orthodoxe du gouvernement. Yaacov Litzman s’inquiéte que cette loi ne réduise également au silence les sirènes annonçant le début du shabbat, jour sacré de repos hebdomadaire pour les juifs. Il déplore «une atteinte à la pratique religieuse et au statut quo en vigueur depuis la création de l’Etat d’Israël».
 
Pendant ce temps, le Parlement israélien a adopté en lecture préliminaire un autre texte controversé. Il prévoit la légalisation de milliers de maisons construites pour des colons israéliens en Cisjordanie.