Japon et océans à l’honneur du festival Photo La Gacilly 2016

Par Laurent Filippi | Publié le 04/06/2016 à 12H46, mis à jour le 09/06/2016 à 11H07

Pour la treizième fois, la commune de La Gacilly en Bretagne accueille la nouvelle édition (du 4 juin au 30 septembre 2016) du plus grand festival de photos en plein air de France.

Cette année, le Japon est à l’honneur. En plus des nombreux photographes nippons exposés, le Musée Guimet, spécialiste des civilisations asiatiques, et le Musée de l’Université de Tokyo ont ouvert pour l’occasion leurs archives.

Les océans sont l’autre grande thématique de cette saison 2016. Pêche industrielle, pollution, dérèglement climatique, risques de disparition d’états insulaires, fonte des glaces, extinction des espèces, travailleurs de la mer, crise des migrants… sont quelques-uns des sujets abordés. Un hommage est rendu à la Dame de la mer, Anita Conti, écrivain, photographe et première femme océanographe.

Toujours soucieux de nous présenter une «photo de qualité et humaniste», les artistes, photojournalistes et amateurs, nous invitent à réfléchir aux grands enjeux planétaires. A prendre conscience de l’urgence de poser cette question: que voulons-nous laisser comme planète aux générations futures ?

Depuis la création du festival, 2,5 millions de visiteurs ont trouvé un début de réponse.
 
16 photos illustrent ce propos.

  • Paul Nicklen
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    Paul Nicklen

    Il a passé son enfance parmi les Inuits de la Terre de Baffin (Arctique canadien) et se passionne très tôt pour les animaux de ces terres polaires. Il est très préoccupé par les problèmes liés au réchauffement climatique qui ont fait entrer la mer de glace en Arctique dans une «spirale mortelle». Les espèces y vivant pourraient ne pas survivre. «Mes photos peuvent donner vie aux royaumes polaires et, je l’espère, faire naître la volonté passionnée de les préserver.» Surnommé le maître de la banquise, c’est un plongeur sous-marin hors pair, considéré comme l’un des plus grands photographes animaliers. Il est membre du prestigieux magazine «National Geographic». Voir le reportage… © Paul Nicklen

  • Pascal Maitre
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    Pascal Maitre

    Amoureux depuis plus de 20 ans de Madagascar, le photographe a voulu nous faire découvrir toute la beauté de cette ile et de ceux qui y vivent. «Photographier un baobab, c’est évoquer la magie, les contes, la rêverie tout autant que la réalité. J’ai voulu montrer ce lien étroit entre ces arbres étonnants et les hommes.» Car cet arbre exceptionnel ici est roi. Il ne fait qu’un avec les populations. Il les nourrit de ses fruits, les abrite pour leurs cérémonies et leur permet de stocker l’eau pendant la saison des pluies quand leur tronc est évidé. Un Visa d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière lui a été décerné en 2015 au Festival international du photojournalisme Visa pour l’Image. © Pascal Maitre

  • Daesung Lee
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    Daesung Lee

    Les rivages de la petite île de Ghoramara, située à l’orée du delta du Gange, dans le golfe du Bengale, en Inde, disparaissent un peu plus chaque année suite au réchauffement climatique et à l’élévation du niveau de la mer. Ces trente dernières années, 50% de son territoire ont été grignotés. Selon des experts, Ghoramara sera complètement submergée d’ici vingt-cinq ans.  Deux tiers de la population ont dû quitter l’île, ne bénéficiant d’aucune aide financière. Le photographe en rendant hommage à ces habitants espère que ces images entraîneront une prise de conscience sur les effets ravageurs du réchauffement climatique. Voir le reportage… © Daesung Lee

  • Daniel Beltra
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    Daniel Beltra

    En 2010, la catastrophe de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon en plein Golfe du Mexique a engendré un désastre environnemental dont les effets se font encore sentir aujourd’hui. «Les scientifiques estiment que 75% du pétrole déversé se trouve encore dans la nature et s’est déposé dans les fonds marins.» Passionné par les questions environnementales, le photographe a voulu avec ces images «d’une terrifiante beauté» réaliser un travail autant  journalistique qu’artistique. Ce reportage sur les marées noires transformant nos océans en poubelles lui a permis de remporter le prix du Wildlife Photographer of the Year en 2011.  Voir le reportage… © Daniel Beltra

  • Pierre Gleizes
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    Pierre Gleizes

    En 1980, à l’âge de 23 ans, Pierre Gleizes embarque pour la première fois sur le «Rainbow Warrior». Pendant trente ans, il sera le photographe privilégié des actions non violentes de Greenpeace à travers les mers. Le travail qu’il nous présente est un véritable plaidoyer contre la surpêche et les ravages qu’elle engendre sur les océans et la biodiversité marine, enjeu de sécurité alimentaire pour l’homme. Au rythme actuel, les océans risquent de se vider de toute les espèces vivantes d’ici 2050.  © Pierre Gleizes

  • Shiho Fukada
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    Shiho Fukada

    A Chittagong, deuxième ville du Bangladesh et premier port du pays, s’échouent les navires en fin de vie du monde entier. Des centaines d’ouvriers dont 20% sont âgés de moins de 15 ans démantèlent ces immenses carcasses pour récupérer l’acier. Au Bangladesh, 60% de ce métal vient de ces chantiers où les conditions de travail sont inhumaines et dangereuses. De plus, ces véritables immeubles des mers contiennent des substances extrêmement toxiques telles que l’amiante ou le plomb. La photojournaliste et documentariste japonaise Shiho Fukada a voulu dénoncer le sort de ces forçats. Voir le reportage… © Shiho Fukada

  • Lianne Milton
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    Lianne Milton

    Le travail de la photographe américaine cherche à montrer l’impact du changement climatique sur les fermiers «de subsistance» au Sertao, une région du nord-est du Brésil, où règne une misère due aux sécheresses à répétition. On y trouve la plus grande concentration de pauvreté rurale de toute l’Amérique latine, à savoir 35% de la population de la région. Les pénuries d’eau obligent les fermiers à cultiver juste assez de nourriture pour alimenter leur famille. Depuis 2013, la sécheresse s’est accentuée, tuant le bétail et transformant le sol en immense désert salé. Le travail de la photojournaliste traduit les répercussions de la politique sur les hommes et leur environnement. En 2015, elle est la première lauréate du prix photographique décerné par la Fondation Yves Rocher, en partenariat avec le Festival International du photojournalisme Visa pour l’Image, à Perpignan.  © Lianne Milton

  • Hiromi Tsuchida
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    Hiromi Tsuchida

    Le japon est l’un des pays les plus peuplés au monde. Grand comme la Californie aux Etats-Unis. 127 millions de personnes y vivent, soit 340 habitants au km². Le photographe a cherché à comprendre la structure sociale de son pays et des millions de «grains de sable» qui la composent: «Les gens, ici, s’abandonnent au groupe, avec ce précepte permanent: ne jamais sortir du lot, ne jamais dévier de ce qui est accepté socialement. Il observe aussi la naissance du Japon moderne: l’effritement de la famille, la montée du matérialisme, qui se mesurent à travers la façon dont la foule est structurée.»  © Hiromi Tsuchida

  • Kazuma Obara
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    Kazuma Obara

    Dès le lendemain de la catastrophe du 11 mars 2011 (un séisme et un tsunami dévastent la côte Pacifique du Japon), le photographe démissionne de son travail pour se rendre sur les lieux du drame. Comme nombre de photographes, il réalise au début des centaines de clichés des décombres. Mais très vite il s’intéresse au sort des travailleurs de l’usine de Fukushima Daiichi dont le gouvernement censure les témoignages. Son travail s’oriente sur ces victimes silencieuses, cachées. Comment vivre après une telle tragédie sur des terres meurtries ? Voir ses reportages… © Kazuma Obara

  • Kumiko Motoki
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    Kumiko Motoki

    «Une fois par an, des tournois traditionnels de sumo sont organisés au sanctuaire Yasukuni-Jinja en hommage aux dieux. En mai 2014, je m’y suis rendue. C’était la première fois que j’assistais à un tel tournoi. Il m’était difficile de regarder ces combats. Silencieux et inexpressifs, les lutteurs ne semblaient pas humains. Et la vue de leurs corps nus, dissonants, avait quelque chose de sacré, de mystique. J’ai souhaité tenter d’exprimer, au travers de la photographie, cette sensation de divinité que j’avais ressentie», explique la photographe. © Kumiko Motoki

  • Takashi Arai
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    Takashi Arai

    En voyage aux Etats-Unis, le photographe découvre un livre sur les essais nucléaires américains, des images «oniriques» d’une extrême beauté. Mais ces champignons célestes contrastent effroyablement avec les images de souffrance et d’horreur des corps mutilés après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. «Le 11 mars 2011, la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi m’a soudain plongé dans la première exposition directe au danger nucléaire. La menace est là, réelle, mais la situation est toujours invisible. Je me tiens debout, au milieu de nulle part, dans les limbes, je marche dans cette terre dévastée, apocalyptique, avec à l’esprit les deux images extrêmes et opposées de Hiroshima et Nagasaki.» Il utilise la technique du daguerréotype, un procédé photographique qui produit une image sans négatif. Il est le seul daguerréotypiste contemporain au Japon. © Takashi Arai

  • Miho Kajioka
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    Miho Kajioka

    En 2011, le photographe travaille pour une chaîne de télévision étrangère en tant que journaliste. Il couvre la catastrophe de Fukushima dans son ensemble, le tremblement de terre et le tsunami suivis de la catastrophe nucléaire. La vue d’un rosier en fleurs au milieu des ruines réoriente son travail de façon plus artistique. «Cette belle et simple déclaration, faite par les roses au milieu des ruines, m’a profondément marquée et m’a reconnectée avec l’art.» Un mélange de grâce et de destruction. Voir son travail… © Miho Kajioka

  • Yoshinori Mizutani
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    Yoshinori Mizutani

    Né à la campagne, le photographe découvre la ville avec Tokyo à l’âge de 18 ans où il s’est installé pour poursuivre ses études. Il entreprend son travail sur les oiseaux quand il découvre des perroquets colorés venus des régions tropicales de l’Inde et du Sri Lanka installés en face de chez lui. Cette dichotomie entre un monde sauvage et un paysage urbain résonne en lui. «Entre son goût de la nature venu de son enfance à la campagne et son expression artistique, de culture urbaine et électronique», il poursuit son projet photographique d’exploration de la nature dans la mégapole tokyoïte, dont il parcourt les parcs et scrute les rivières aussi bien que le ciel.  © Yoshinori Mizutani

  • Sohei Nishino
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    Sohei Nishino

    Le photographe présente des dioramas de grandes villes japonaises, sortes de cartes photographiques géantes composées de plusieurs milliers d’images, représentés comme des vues aériennes. Il brouille ainsi les perspectives, fait perdre la notion d’échelle et de perspective. «Je marche à travers ces villes, appareil photo en main, pour prendre une multitude de clichés, afin de les combiner, un à un, selon mes souvenirs, et élaborer ainsi une représentation géographique qui formerait le portrait d’un lieu.» Le diorama est une représentation cartographiée subjective de cette expérience; il est l’expression d’une ville à travers des souvenirs et des images.  © Sohei Nishino

  • Musée Guimet
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    Musée Guimet

    Le musée National des Arts Asiatiques, en partenariat avec le Festival Kyotographie, présente deux séries de photos: «La Route du Thé» et «Derniers samouraïs, premières photographies». Certains des tirages proviennent du célèbre Atelier Benrido Collotype de Kyoto, l’un des derniers au monde à pratiquer le procédé du tirage collotype. Ce procédé a été inventé en France il y a 150 ans, croisement entre l’impression et le tirage photographique.  © Guimet, Musée National des Arts Asiatiques

  • Musée Guimet 2
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    Musée Guimet (2)

    L’exposition présente une série de portraits de samouraïs, de geishas, d’empereurs et d’impératrices réalisés par les Occidentaux (diplomates ou simples voyageurs) fascinés par un pays pétri de traditions, pas encore engagé sur la voie de la modernité. Ces photographies «questionnent nos pratiques touristiques et documentaires, à l’aune de l’ère coloniale». © Musée de l’Université de Tokyo et Université de Lyon