JO: hommage en BD à Samia Yusuf Omar, athlète somalienne qui rêvait de l'Olympe

Par Véronique le Jeune | Publié le 06/08/2016 à 09H49, mis à jour le 10/08/2016 à 15H43

Du haut de ses 17 ans et de sa frêle stature, la sprinteuse somalienne Samia Yusuf Omar avait enflammé le célèbre stade «Nid d'oiseau» de Pékin, en 2008. Pas par sa performance -elle était arrivée dernière- mais par sa fascinante volonté. En 2012, rêvant des JO de Londres, elle embarque sur un canot instable vers l'Europe mais n'arrivera jamais, engloutie par la Méditerranée. Elle avait 21 ans.

C'est un autre athlète somalien, Abdi Bile, médaillé d'or du 1.500 m aux Championnats du monde de 1987, qui sonne l'alarme quelques mois après la disparition de Samia Yusuf Omar. Les larmes aux yeux, Abdi Bile rappelle que la jeune fille portait fièrement le drapeau somalien aux JO de Pékin et regrette que quatre ans plus tard, son sort ne semble susciter que de l'indifférence. Sans cette publicité, la mort de la jeune fille serait sans doute passée inaperçue.

Tirant le fil des maigres informations disponibles sur l'athlète somalienne, le scénariste et dessinateur allemand Reinhard Kleist rend hommage au destin tragique de Samia Yusuf Omar. Un destin fait de courage exemplaire et de lutte contre l'obscurantisme des shebabs somaliens, ces fondamentalistes musulmans qui interdisent aux femmes de pratiquer un sport.

Autant de moments forts qui ponctuent la BD de Kleist, présentée dans un noir et blanc à la fois sobre et poignant. Un ouvrage qui, espère l'auteur, «contribuera à maintenir notre conscience éveillée».

Signe encourageant de cet éveil: face à l'actuelle tragédie que vivent 60 millions de réfugiés dans le monde, fuyant guerres et terrorisme, le Comité international olympique (CIO) accueille pour la première fois, sous sa bannière à Rio, une délégation de dix athlètes réfugiés.

Rêve d'Olympe - le destin de Samia Ysuf Omar
par Reinhard Kleist
Editions La Boîte à Bulles

  • A Pékin Samia est sur ligne départ qualifications 200 m dames.
    01 /11
    A Pékin, Samia est sur la ligne de départ des qualifications du 200 m dames.

    Elle porte le dossard 2895. A ses côtés, des coureuses chevronnées de Jamaïque, d'Afrique du Sud, de Russie, du Canada. Des gabarits impressionnants. © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Chez elle à Mogadiscio sa mère ses frères soeurs sont tellement fiers.
    02 /11
    Chez elle à Mogadiscio, sa mère et ses frères et soeurs sont tellement fiers.

    . © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Dans stade olympique Samia bien que bonne dernière suscite l'admiration.
    03 /11
    Dans le stade olympique, Samia, bien que bonne dernière, suscite l'admiration.

    Le public salue la performance de ce petit bout de femme tenace et déterminé. Elle bat d'ailleurs son record personnel avec un temps de 32''13. © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Le retour à Mogadiscio capitale Somalie est rude.
    04 /11
    Le retour à Mogadiscio, la capitale de Somalie, est rude.

    Sa mère la met en garde contre les risques de faire son entraînement dans la ville. Les shebabs, «jeunes» en arabe, djihadistes d'idéologie salafiste, sèment la terreur dans les rues. Cette milice islamiste veut imposer la charia en Somalie depuis 2006. © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Les choses se gâtent très vite pour Samia.
    05 /11
    Les choses se gâtent très vite pour Samia.

    Sans entraînement sérieux, elle sait que ses chances de représenter à nouveau la Somalie aux JO de 2012 à Londres vont fondre comme neige au soleil. © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Samia subit régulièrement violence islamistes.
    06 /11
    Samia subit régulièrement la violence des islamistes.

    . © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Malgré menaces elle s'échappe part s'entraîner seule dans savane.
    07 /11
    Malgré les menaces, elle s'échappe et part s'entraîner seule dans la savane.

    «Un coureur professionnel ne doit jamais arrêter l'entraînement» répète-t-elle à son entourage. © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Désespérée elle fuit son pays dans l'espoir traverser Méditerranée.
    08 /11
    Désespérée, elle fuit son pays dans l'espoir de traverser la Méditerranée.

    Elle n'a qu'une idée: trouver un entraîneur qui la prépare pour les JO de Londres dont la date approche à grands pas. Elle ne se doute pas des épreuves qui l'attendent, comme la dureté des passeurs, la faim, la soif et même la prison ... © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Comme tant d'autres migrants Samia se trouve face à passeurs sans scrupules
    09 /11
    Comme tant d'autres migrants, Samia se trouve face à des passeurs sans scrupules

    . © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Un bébé pleure à bord l'embarcation qui tangue. Samia console se confie
    10 /11
    Un bébé pleure à bord de l'embarcation qui tangue. Samia le console et se confie

    Dans le zodiac à court d'essence, les compagnons de voyage de Samia appellent à l'aide. Mais les gardes-côtes italiens venus à la rescousse ne pourront pas sauver tout le monde. Samia fera partie des sept victimes du naufrage. © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

  • Le rêve Samia sombre dans flots Méditerranée devenue son cimetière
    11 /11
    Le rêve de Samia sombre dans les flots de la Méditerranée, devenue son cimetière

    Depuis l'an 2000, plus de 30.000 réfugiés et migrants ont trouvé la mort en voulant gagner l'Europe, selon les statistiques de Migrants' Files. © Reinhard Kleist / La Boîte à Bulles

Présidentielle américaine

Recevez notre newsletter consacrée aux élections américaines 2016