Kenya: le bidonville géant de Kibera en partie démoli pour construire une route

Par Véronique le Jeune | Publié le 04/08/2018 à 10H01, mis à jour le 06/08/2018 à 15H09

Au sud de la capitale Nairobi, les bulldozers ont fait irruption dans le quartier pauvre de Kibera fin juillet 2018. Leur mission: déblayer suffisamment de terrain pour la construction d'un axe destiné à désengorger le centre-ville embouteillé. Choc et désolation parmi les habitants pourtant prévenus. Au nombre d'un million selon des ONG, ils se sont progressivement installés en toute illégalité.

  • Des milliers constructions précaires ont été détruites à Kibera
    01 /07
    Des milliers de constructions précaires ont été détruites à Kibera

    Les habitants, dont les recours en justice ont été rejetés, ne se sont vu offrir aucune solution de rechange. Entre 20 et 30.000 d'entre eux se retrouvent à la rue. Certains tentent de récupérer quelques morceaux de bois et plaques de tôle pour reconstituer un abri ailleurs. «Que Dieu bénisse ma maison», peut-on lire sur un panneau. © Baz RATNER / REUTERS

  • Les bulldozers sont arrivés à Kibera à 5h matin
    02 /07
    Les bulldozers sont arrivés à Kibera à 5h du matin

    Selon Amnesty International qui condamne cette action -une «violation des droits humains»-, l'opération a duré six heures environ. Jumo Bel, un habitant du bidonville, né sur place, déclare à RFI: « Les autorités nous avaient prévenus, et nous avons toujours su que ce terrain était destiné à devenir une route. Mais nous nous y sommes tout de même installés, à cause de la surpopulation et du développement du bidonville… ». Depuis des décennies, en effet, le faubourg insalubre de Nairobi s'est tellement étendu qu'il occupe à présent une superficie de près de 3 km² et est devenu une ville dans la ville, avec ses écoles, ses lieux de culte, ses dispensaires. © Baz RATNER / REUTERS

  • Les larmes d'un jeune habitant Kibera plus grand bidonville d'Afrique
    03 /07
    Les larmes d'un jeune habitant de Kibera, le plus grand bidonville d'Afrique

    La police, présente sur les lieux, encadre les plus récalcitrants. Comme beaucoup d'autres, ce jeune homme n'a connu que cet univers de masures sans eau, sans électricité ni sanitaires mais ne veut pas le quitter. Un univers fait aussi de débrouille et de solidarité qui a donné naissance à une vie artistique et, entre autres, à des groupes de hip-hop, dont certains ont un écho international.. © Baz RATNER / REUTERS

  • Un simple mur sépare miséreux classe montante kényane
    04 /07
    Un simple mur sépare les miséreux de la classe montante kényane

    Avec le temps et l'embourgeoisement de Nairobi, la zone délabrée de Kibera s'est retrouvée au croisement du centre de la capitale et des nouveaux quartiers chics plus au sud, provoquant un choc frontal des conditions sociales. Décidée en 2015, la construction d'un axe routier de 5 km de long et de 60 mètres de large, baptisé le Missing Link Twelve, qui coupera Kibera en deux, a été retardée par de nombreuses pétitions et recours contre le gouvernement. Des actions vouées à l'échec puisqu'aucun habitant n'a pu se prévaloir d'un titre de propritété.  © Baz RATNER / REUTERS

  • Les habitants expulsés tentent sauver ce qu'ils peuvent décombres
    05 /07
    Les habitants expulsés tentent de sauver ce qu'ils peuvent des décombres

    Le porte-parole de l’autorité des routes kényanes, John Cheboi, assure que la loi n’oblige pas à indemniser les habitants qui vivent dans des logements construits illégalement, fussent-ils anciens. Néanmoins, selon lui, les personnes expulsées devraient recevoir une aide de l'Etat, mais le montant n’en a pas encore été fixé. Peu nombreux sont ceux qui y croient. © Baz RATNER / REUTERS

  • L'église rare édifice en dur à Kibera n'a pas résisté aux pelleteuses
    06 /07
    L'église, rare édifice en dur à Kibera, n'a pas résisté aux pelleteuses

    Plusieurs jours après la démolition de son église, un fidèle chrétien se recueille sur les gravats et implore Dieu de ne pas l'abandonner. Au Kenya, le christianisme est la religion majoritaire (83%), mais depuis plusieurs années, les chrétiens ont à subir les attaques d'extrémistes musulmans, la plupart du temps des shebabs venus de Somalie. L'islam représente la religion de 11% de la population kényane. © Baz RATNER / REUTERS

  • Les fonds baptismaux seul vestige église Kibera
    07 /07
    Les fonds baptismaux, seul vestige de l'église de Kibera

    Au Kenya, le catholicisme est la deuxième religion derrière le protestantisme, principalement anglican. L'Eglise catholique compte 13 millions de baptisés, soit un quart de la population. © Baz RATNER / REUTERS