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Kenya,  Afrique

Kenya: pas de sexe sans carte électorale

Par Géopolis avec AFP@GeopolisAfrique | Publié le 18/01/2017 à 16H27

Inscription sur listes électorales au Kenya
Des fonctionnaires de la Commission indépendante aident les résidents à confirmer leurs données lors du lancement de l'élection électorale de 2017 dans les bidonvilles de Kibera, à Nairobi le 16 janvier 2017. © REUTERS / Thomas Mukoya

Une députée de l'opposition a invité les Kenyanes à imposer une grève du sexe à leurs compagnons pour les inciter à s'inscrire sur les listes en vue des élections générales, prévues en août 2017. Cet appel à l'abstinence n'est pas une première dans le pays.


«Femmes, si vos maris ne sont pas inscrits sur les listes électorales, vous leur dites non, vous leur dites d'aller s'enregistrer et ensuite de revenir», a lancé la députée Mishi Mboko à l'occasion du lancement d'une vaste opération d'enregistrement des électeurs en vue des élections générales.

La députée kenyane a également conseillé aux femmes de son pays de maintenir cette abstinence tant que leurs compagnons ne se sont pas procuré une carte d’électeur valide.
 
Pour Mishi Mboko, la participation massive au scrutin est le meilleur moyen pour l'opposition de battre le gouvernement de l'actuel président Uhuru  Kenyatta.
 

La députée kenyane Hon Mishi Mboko

La députée kenyane Hon Mishi Mboko, lors d'un meeting électoral à Nairobi, le 11 janvier 2017. © AFP/TONY KARUMBA


Plus d’électeurs pour peser sur la présidentielle
La Commission électorale kenyane mise sur l'inscription de quatre à six millions d'électeurs supplémentaires d'ici à la date limite du 14 février 2017.
Les deux principaux camps exhortent leurs partisans à s'enregistrer en masse pour peser notamment sur la présidentielle.
 
Grèves du sexe dans d’autres pays
Ce n'est pas la première fois que des femmes organisent des grèves du sexe pour appeler au changement ou faire passer un message, même si l'efficacité de la méthode reste difficile à mesurer.
 
En 2002, la prix Nobel de la paix (2011) libérienne Leymah Gbowee avait, entre autres, entamé une grève du sexe pour demander la fin de la guerre civile.
              
En 2009 déjà, au Kenya, des femmes avaient lancé une «semaine d'abstinence» pour inciter les hommes politiques à régler leurs différends et réformer le pays.
En pleine crise politique en Belgique en 2011, des femmes avaient elles aussi appelé à des grèves du sexe pour exiger la formation d'un gouvernement.
 
Des femmes togolaises avaient appelé en 2012 à une «grève du sexe», pour contraindre les hommes à s'investir davantage dans le mouvement de contestation lancé par l'opposition contre le président Faure Gnassingbé comme le rappelle Le Monde Afrique. 
 
En Colombie, des femmes avaient mené en 2006 des opérations «jambes croisées» pour faire cesser la guerre des gangs, puis en 2012 pour demander la construction d'une route.