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L’acteur George Clooney déclare la guerre à la guerre en Afrique

Par Alain Chemali@GeopolisAfrique | Publié le 27/10/2017 à 09H16, mis à jour le 27/10/2017 à 13H18

Les acteurs américains George Clooney Don Cheadle
L'acteur George Clooney, activiste des droits de l'Homme et cofondateur de The Sentry, en compagnie de l'acteur Don Cheadle, cofondateur de Not on Our Watch, lors d'une conférence de presse le 12 septembre 2016 à Washington, pour présenter le rapport «les crimes de guerre ne doivent pas payer» au Sud-Soudan. © MOLLY RILEY/AFP

George Clooney accentue son engagement pour l’Afrique. Il a fait don d’un million de dollars (850.000 euros) pour lutter contre les crimes de guerre et la corruption sur le continent. Versée au groupe d’investigation The Sentry, dont il est cofondateur, cette somme constitue une mise de base pour une levée de fonds destinés à enquêter sur les réseaux financiers derrière les conflits africains.


Dans la vraie vie, George Clooney n’est pas seulement une star hollywoodienne ou l’époux de l’avocate internationale d’origine libanaise, Amal Alameddine Clooney, qui s’est dite prête à poursuivre le président Bachar al-Assad pour crimes de guerre.
 
George Clooney élargit le domaine de son engagement africain
Il est, depuis plusieurs années, un fervent défenseur de l’Afrique et un ardent activiste en faveur des droits de l’Homme africain notamment au Darfour. Il vient de confirmer cet engagement en élargissant le domaine de sa lutte.
 
La fondation Clooney pour la justice a en effet annoncé, le 25 octobre 2017, avoir fait don d’un million de dollar (850.000 euros) à The Sentry pour lutter contre les crimes de guerre et la corruption en Afrique.
 
The Sentry est un groupe d’investigation cofondé en 2015 par l’acteur lui-même et par John Prendergast, un autre défenseur des droits de l’Homme, avec pour devise «les crimes de guerre ne devraient pas payer».
 
Et c’est dans cette perspective que l’acteur a, par ce don, lancé une campagne de levée de fonds en vue d'enquêter sur les réseaux financiers derrière les conflits en Afrique.
 
La subvention de George Clooney, ainsi que celle d’autres personnes dont l’acteur Don Cheadle, a pour le moment totalisé la somme de 3,45 millions de dollars.

Plusieurs pays du continent dans le collimateur de The Sentry 
Le groupe d’investigation a indiqué que l’argent servira à financer des rapports dans l’année à venir sur «le pillage de l’Etat et les flux financiers illicites des pays déchirés par la guerre du Soudan du Sud, du Soudan, du Congo, de Somalie et de la République centrafricaine».
 
«Notre but est de nous assurer que le crime de guerre ne paie pas. Nous voulons rendre la tâche plus difficile à ceux qui sont prêts à tuer en masse pour garantir leur politique et leurs objectifs économiques», a expliqué l’acteur de renommée internationale.
 
«Quand on est capable d’attaquer les seigneurs de la guerre au portefeuille et de pousser à la faillite ceux qui choisissent les balles plutôt que les bulletins de vote, alors la motivation passe soudain de la guerre à la paix, de la corruption à la transparence», a-t-il affirmé.
 
Une profession de foi qui ne date pas d’hier. George Clooney s’était déjà illustré en faisant campagne auprès du gouvernement américain en faveur du Darfour en 2006, quand les hommes du président soudanais Omar al-Bachir faisaient la chasse aux populations Four et Zagawa de ces provinces de l’Ouest.

Les dirigeants sud-soudanais accusés d'atrocités contre leurs concitoyens pour s'enrichir
Il s’était également engagé en 2011 dans la défense de l’usage des satellites pour surveiller les mouvements militaires le long des frontières entre le Soudan et le Soudan du Sud.
 
S’appuyant sur un rapport publié le 12 septembre 2016, déjà par le groupe The Sentry, l’acteur avait même dénoncé les dirigeants sud-soudanais, le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar devenu son ennemi à la tête de la rébellion, de profiter du chaos dans lequel était plongé le pays.
 
Dans une conférence de presse à Washington, il avait accusé les belligérants d’avoir perpétré «des atrocités contre leurs concitoyens» et d’être responsables «de famines et de viols tout en pillant les ressources du pays et en s’enrichissant».
 

Selon le rapport de The Sentry, les familles des élites sud-soudanaises «vivent souvent à l’étranger dans des villas de luxe de plusieurs miillions de dollars, passent leurs vacances dans des hôtels cinq étoiles et récoltent les bénéfices de ce qui semble être un système de népotisme et de contrats douteux».

La République Démocratique du Congo dénoncée pour sa complicité avec le Hezbollah 
Plus récemment, l’ONG cofondée par George Clooney a accusé la République Démocratique du Congo (RDC) d’entretenir le terrorisme mondial.

Dans un dernier rapport accablant, rendu public en octobre 2017, The Sentry accuse une grande banque du pays, la BGFIBank RDC, dirigée par le frère du président Kabila, d’avoir effectué des transactions suspectes impliquant des sociétés et des personnes liées aux bailleurs de fonds du Hezbollah, la milice chiite libanaise pro-iranienne.
 
«Les principales entités concernées étaient des filiales de Congo Futur, un groupe d’entreprises basé à Kinshasa et assujetti au régime de sanctions du Département du Trésor américain», indique le rapport.
 
Des avertissements ont été adressés notamment à Selemani Francis Mtwale, frère du président Kabila, «mais les relations entre la banque et les sociétés liées au Hezbollah se sont poursuivies», affirme The Sentry.