«L’Afrique n’est pas une île», un nouveau regard sur le continent

Par Laurent Filippi | Publié le 28/02/2018 à 09H31

Jusqu’au 24 août 2018, une quarantaine de photographes issus de la plateforme Afrique in Visu et de la fondation Alliances sont exposés au Musée d’Art contemporain Al-Maaden à Marrakech, dans le cadre d’Africa Is No Island (L’Afrique n’est pas une île). Trois thématiques – «Je suis ma représentation», «Dessiner des géographies» et «Recueillir l’histoire» – racontent la transformation du continent.

  • «L'essentiel est invisible pour yeux» 2014
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    «L'essentiel est invisible pour les yeux», 2014

    Ishola Akpo est un artiste multimédia et photographe béninois. Avec cette série, il «explore la mémoire de la dot du mariage de sa grand-mère à travers les objets restants: cantine en bois fabriquée par son futur époux, pagnes, perles, bouteilles de gin, bassines, miroir, etc. Ce sont ces biens que la famille de la mariée apporte comme symboles pour sceller l’alliance entre deux familles, deux clans, deux ethnies et qui matérialisent leurs consentements mutuels.»   © Ishola Akpo

  • «Statuettes Nganga Sale Laye» 2011
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    «Statuettes Nganga Sale Laye», 2011

    Namsa Leuba est une euro-africaine, née en Suisse. Son projet a été réalisé lors d’un voyage en Guinée Conakry. «Dans ce travail, je me suis intéressée à la construction et à la déconstruction du corps ainsi qu’à la figure et à la représentation de l’invisible. J’ai étudié des artefacts de rites propres à la cosmologie des Guinéens; des statuettes qui font partie d’un dispositif cérémonial. Celles-ci sont d’un autre monde, elles sont les racines du vivant. Ainsi, d’une certaine manière, j’ai cherché à toucher l’intouchable.» © Namsa Leuba

  • «Haya Jat Starifixion» 2017
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    «Haya Jat (Starifixion)», 2017

    «C’est à travers ma réalité́ du Maroc, de Marrakech, celle de mon enfance, de ma famille et, à travers son histoire – mon histoire – que je peux et dois apporter de la diversité́ à un modèle centré sur des images trop souvent anonymes de douleur et de misère. En développant un langage pictural, une syntaxe visuelle qui me sont profondément propres, en représentant des membres de ma famille que je connais intimement et qui me sont chers, une femme qui compte plus que tout pour moi (sa tante, NDLR), dans le lieu familial séminal, je replace leurs individualités au cœur de la représentation», explique Walid Layadi-Marfouk sur le site Afrique In Visu. © Walid Layadi-Marfouk

  • «Mme Djeneba Haabré dernière génération» 2013-2014
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    «Mme Djeneba Haabré, la dernière génération», 2013-2014

    Joana Choumali est née en 1974 et vit Abidjan, en Côte d'Ivoire. Elle travaille principalement sur le portrait conceptuel, les techniques mixtes et le documentaire. Elle utilise sa photographie pour explorer sa propre identité. Pour cette série, elle déclare: «La scarification  est en train de disparaître en raison de la pression des autorités religieuses et étatiques, des pratiques urbaines et de l'introduction de vêtements dans les tribus. De nos jours, seules les personnes âgées portent des scarifications. (...) Ils sont les derniers témoins d'une Afrique d'une époque révolue.»   © Joana Choumali

  • «Tenir passé phantoms fleuve Congo» 2011-2013
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    «Tenir le passé, les phantoms du fleuve Congo», 2011-2013

    Nyaba Leon Ouedraogo est né au Burkina Faso en 1978. Destiné au départ à une carrière de sportif, il est obligé d’y mettre fin après une blessure. Il se dirige alors vers la photographie et rejoint l’agence Sipa et le magazine «Jeune Afrique». Ses travaux s’orientent vers les conditions de vie, les problématiques environnementales en Afrique. «J’avais vraiment l’impression de vivre au milieu de fantômes. Le fantôme, c’est la peur du noir, du vide. Là, c’étaient des fantômes vivants. (…) Dans l’imaginaire collectif, en Occident, le fleuve Congo c’est la non-civilisation. Alors que j’ai découvert l’inverse. Il y une forte culture qui s’est développée autour du fleuve. Les jeunes l’ont dompté, en ont pris possession. (…) Je voulais montrer une réalité en même temps que révéler des enjeux politiques et économiques. Montrer un Congo nouveau, contemporain», raconte-t-il sur Afrique in Visu. © Nyaba Leon Ouedraogo

  • «Throne» 2016
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    «Throne», 2016

    Maïmouna Guerresi est une artiste italo-sénégalaise. Elle s'est convertie à l'islam après avoir vécu au Sénégal. Elle présente une perspective intime sur les idées spirituelles des êtres humains par rapport à leurs dimensions mystiques intérieures.  © Maïmouna Guerresi

  • «The Red Square» 2014-2017
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    «The Red Square», 2014-2017

    Avec ces photos, Hicham Gardaf montre comment se développent les identités spécifiques des grandes villes marocaines, quel est leur avenir entre béton et patrimoine. «La modernité débute quand la ville bascule: la révolution industrielle transforme les villes en immenses chantiers, et par là même les modes d’habiter et de vivre la ville. Les futurs grands boulevards ressemblent davantage à des tranchées éventrées qu’à la future grille moderniste, modèle esthétique qui va prévaloir pendant encore quelques décennies», précise Maud Houssais sur le site de l’artiste. © Hicham Gardaf

  • «Jeunes filles d’ école privée Nairobi. Les classes moyennes» 2008-2011
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    «Jeunes filles d’une école privée de Nairobi. Les classes moyennes», 2008-2011

    En partenariat avec Afrique in Visu, Joan Bardeletti se consacre au projet «Classes Moyennes en Afrique» à partir de 2008. «Pour proposer une nouvelle approche du continent africain qui sort du prisme pauvreté, guerre ou corruption, il s’intéresse à l’émergence de ses classes moyennes, étudiant cinq pays de zones socio-géographiques bien distinctes. Afin d’appuyer le contenu visuel sur un propos construit et scientifique, des universitaires français et africains seront associés au projet. Durant trois ans, photographies d’auteur et travaux de recherche se répondent et se complètent. C’est à ce jour le travail le plus abouti sur ce sujet.» Joan Bardeletti travaille avec la presse internationale et des ONG. Il a reçu un World Press Photo en 2010 et est régulièrement exposé. © Joan Bardeletti

  • «La salle classe» 1994-2002
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    «La salle de classe», 1994-2002

    Hicham Benohoud est né en 1968 au Maroc. Artiste et professeur d’arts plastiques, il vit et travaille à Marrakech. Les photographies de cette série ont  été publiées dans un ouvrage paru en 2001 aux éditions de l’Œil. Il déclare: «Je ne cherche pas d'effet plastique particulier, j'essaie, simplement, et avec les moyens du bord, d'exprimer le lourd et vague malaise social, politique et religieux que mes élèves et moi ressentons fortement.» Ses travaux ont été exposés de nombreuses fois en France et à l’étranger.  © Hicham Benohoud

  • «Cham mémoire esclavages» 2007-2016
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    «Cham, mémoire des esclavages», 2007-2016

    Nicola Lo Calzo est un photographe italien. Il travaille principalement sur les minorités et les questions identitaires. Depuis plusieurs années, il est engagé dans une recherche photographique autour des mémoires de la traite négrière et de l’esclavage. Il explique dans un entretien sur le site Africultures: «Cham est un projet photographique documentaire qui questionne les mémoires «vivantes» des esclavages au XXIe siècle, plus précisément certaines pratiques d’ordre culturel, religieux et social qui ont été élaborées pendant la période coloniale et qui perdurent de nos jours. (…) Le projet Cham est avant tout un travail sur les mémoires des résistances, des luttes antiesclavagistes et du marronnage. En effet, la plupart des pratiques culturelles contemporaines que j’explore avec la photographie ont été élaborées en opposition à l’esclavage, comme actes de résistance et de survie, face à l’abîme esclavagiste et à la déshumanisation infligée par les colons.»   © Nicola Lo Calzo

  • «Ke Lefa Laka» 2013
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    «Ke Lefa Laka», 2013

    Lebohang Kganye est une artiste qui vit à Johannesburg. Ce travail est un savant montage de photos d’archives et de photos personnelles tirées de ses albums de famille. Mémoire et imaginaire ici se confondent. «Le projet Ke Lefa Laka est d’autant plus intéressant qu’en évoquant une histoire personnelle, il croise aussi l’histoire de l’Afrique du Sud: celle de familles déracinées et réinstallées en raison des lois de l’apartheid et de la confiscation des terres. Une histoire faite de déplacements dans le pays et de logements temporaires qui a un impact direct sur l’identité familiale (par exemple, pour l’auteur de ces images, cela conduit au changement de son nom de famille de Khanye à Khanyi puis au final Kganye), précise le site l'Œil de la photographie. © Lebohang Kganye