L'Union européenne durcit les règles sur les armes à feu

Par Laurent Filippi | Publié le 16/06/2016 à 16H24, mis à jour le 16/06/2016 à 16H45

Le 10 juin 2016, au Luxembourg, les 28 ministres de l'Intérieur de l’UE ont trouvé un accord sur le contrôle des armes à feu. Mais plusieurs pays membres, notamment en Europe de l’Est, demandent une révision du texte.

Pour illustrer ce propos, Géopolis vous propose 12 photos de David W. Cerny prises en juin 2016 en République tchèque.

  • Lors attentats commis par l’Etat islamique
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    Lors des attentats commis par l’Etat islamique

    en 2015 sur le territoire français contre Charlie Hebdo, un magasin Hyper Cacher juif, la salle de spectacle le Bataclan et plusieurs cafés parisiens, les terroristes ont utilisé principalement des Kalachnikov et des fusils d’assaut, la plupart provenant d’Europe centrale. © Reuters/David W Cern

  • A suite ces tragédies
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    A la suite de ces tragédies,

    la Commission européenne a proposé de nouvelles mesures pour définir des règles communes sur les armes à feu au sein de l’UE. Elle veut rendre plus difficile leur acquisition et leur circulation. Elle souhaite aussi interdire aux particuliers de posséder certaines armes semi-automatiques. Même neutralisées, ces dernières peuvent être facilement remises en état. © Reuters/David W Cern

  • La Commission européenne
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    La Commission européenne

    veut également établir des normes communes pour le marquage et ainsi renforcer la traçabilité des armes en circulation. Elle souhaite contrôler plus efficacement les transactions sur internet et l’acquisition de pièces détachées ou de munitions. Il s’agit aussi de renforcer la coopération entre les États membres, créer des critères communs concernant les armes d’alarme (comme les feux de détresse et les pistolets de starter) afin d’empêcher leur transformation en armes opérationnelles.  © Reuters/David W Cern

  • Ces dispositions doivent être appliquées aux collectionneurs
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    Ces dispositions doivent être appliquées aux collectionneurs

    et aux musées qui détiennent des armes, y compris des semi-automatiques. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a déclaré: «La proposition présentée…nous aidera à répondre à la menace des armes illégales tombant entre les mains de dangereux terroristes. Nous proposons des contrôles plus stricts de la vente et de l’enregistrement des armes à feu et un renforcement des règles visant la neutralisation irréversible de certaines armes. Nous présenterons sous peu un plan d’action de lutte contre le trafic des armes illicites. Nous ne tolérerons pas plus longtemps que des groupes criminels organisés aient accès à des armes à usage militaire et en fassent le commerce en Europe.» © Reuters/David W Cern

  • Si depuis certaines ces recommandations ont été adoucies
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    Si depuis certaines de ces recommandations ont été adoucies

    notamment pour les tireurs et les musées, les propriétaires tchèques d'armes à feu ne décolèrent pas et s’opposent aux changements proposés. Le 10 juin 2016, au Luxembourg, le ministre de l’Intérieur tchèque, Milan Chovanec, s’est insurgé contre plusieurs des propositions de Bruxelles.    © Reuters/David W Cern

  • Le gouvernement tchèque s’élève notamment contre
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    Le gouvernement tchèque s’élève notamment contre

    l’interdiction des armes semi-automatiques, même neutralisées. Si la proposition bruxelloise est adoptée, ce type d’arme serait prohibé. En République tchèque, quelque 50.000 armes tomberaient sous le coup de cette interdiction, selon les estimations. © Reuters/David W Cern

  • Selon Milan Chovanec
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    Selon Milan Chovanec,

    Cette interdiction pourrait nuire à la sécurité intérieure du pays, accentuer le chômage, pénaliser les chasseurs, les tireurs sportifs mais aussi les collectionneurs et les musées. Et cela n’empêchera pas les criminels d’acquérir des armes, affirme-t-il. Cité par le site EurActiv, Tomas Zdechovsky, eurodéputé tchèque (PPE) de la commission LIBE (libertés civiles, justice et affaires internes) explique: «73 % de la proposition est acceptable, parce qu’elle harmonise les lois sur l’accès aux armes à feu et leur détention légale, mais cette nouvelle directive ne freinera pas les achats d’armes sur le marché clandestin. Du point de vue de la lutte anti-terrorisme, elle ne sert donc à rien.» © Reuters/David W Cern

  • Jan Vurbs jeune tireur 30 ans
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    Jan Vurbs, un jeune tireur de 30 ans,

    explique à Reuters : «Les gens qui commettent ces attaques ne se sont pas procurés ces armes légalement mais au marché noir où les armes sont importées principalement des Balkans (…). Nous devons déjà répondre à un certain nombre de règles sur le stockage des armes, des coffres forts, chaque arme est enregistrée et la police sait exactement ce que nous possédons». «L'interdiction pour les civils et les menaces terroristes sont deux questions sans aucun rapport», ajoute-t-il.  © Reuters/David W Cern

  • La Slovaquie Pologne l’Autriche Finlande
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    La Slovaquie, la Pologne, l’Autriche, la Finlande

    et la Suisse (qui n’est pas membre de l'UE mais coopère avec elle sur ces questions) vont dans le même sens que la République tchèque et demandent un assouplissement des règles. Mais certains diplomates pensent que les propositions ont été déjà fortement édulcorées au point d’en devenir presque inutiles. Il y a un «impressionnant lobbying des collectionneurs, des tireurs sportifs et des chasseurs, qui ne sont pas très enthousiastes à l'idée d'avoir des contraintes supplémentaires», a déclaré l’un d’eux. © Reuters/David W Cern

  • D'autres pensent au contraire
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    D'autres pensent au contraire

    que l'adoption de ces nouvelles règles permet d’envoyer un signal important car les assaillants de Charlie Hebdo auraient acheté des fusils déclassés légalement en Slovaquie, pour ensuite les rééquiper et leur permettre de tirer de vrais balles. © Reuters/David W Cern

  • Pour sa part ministre néerlandais l’Intérieur Ard van der Steur
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    Pour sa part, le ministre néerlandais de l’Intérieur Ard van der Steur,

    qui présidait la réunion européenne à Luxembourg s'est félicité : «Certains Etats membres auraient voulu plus de contraintes, d'autres trouvent que nous allons trop loin : nous avons trouvé un compromis». Quant à son homologue français, Bernard Cazeneuve, s’il a salué «l'accord politique trouvé aujourd'hui», il «restera attentif à la suite des travaux jusqu'à l'adoption définitive de la directive». Cet accord politique constitue la première étape. Les parlementaires européens doivent approuver ces directives avant qu’elles n’entrent en vigueur. © Reuters/David W Cern

  • D’ manière générale
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    D’une manière générale,

    le gouvernement tchèque regrette que la Commission se soit concentrée sur les armes à feu acquises légalement. Dans la lutte contre le terrorisme, il serait plus efficace de s’attaquer aux armes illégales, estime un document officiel du gouvernement, approuvé par le Parlement de Prague. Actuellement, la République tchèque dispose de la réglementation la plus libérale au regard des normes européennes. Sur une population  de 10,6 millions de personnes, on compte 775.000 armes légales et des fusils en circulation dans le pays.  © Reuters/David W Cern