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Jérusalem : la banderole de supporters de football qui met le feu entre l'Algérie et l'Arabie saoudite

Par Géopolis@GeopolisAfrique | Publié le 20/12/2017 à 14H14

Tifo Trump Algérie
Capture d'écran Facebook © DR

La décision de Donal Trump de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem a créé un incident diplomatique entre l’Algérie et l’Arabie saoudite, après le déploiement d’une banderole géante par des supporters algériens d’un club de 2e division.

La géopolitique est dans le stade. Enquête, déclarations politiques rageuses, bataille sur les réseaux sociaux, la banderole déployée samedi 16 décembre 2017 dans les tribunes de l’AS Ain M’lila (club algérien de Ligue 2) n’en finit pas de créer une grande polémique. Le tifo, animation visuelle organisée par des supporters, représentait la moitié du visage du président américain et la moitié du roi saoudien avec pour slogan «Two faces of the same coin» (Deux faces d’une même pièce). Les afficionados de l’AS Ain Mlila voulaient exprimer leur désaccord contre la décision de Donald Trump de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et laissent entendre que le roi Salmane Ibn Abdelaziz approuverait ce transfert.

 
Riyad ne décolère pas et exige des excuses officielles. Le ministère algérien de la Justice diligente une enquête et parle «d’acte individuel et isolé». «Le procureur de la République, territorialement compétent a ordonné l'ouverture d'une enquête sur l'incident de la banderole portant atteinte au souverain saoudien, déployée au stade de Ain M'lila», confirme le ministre de la Justice, Tayeb Louh, à l’agence officielle APS

 
Sur Twitter, l’ambassadeur saoudien en Algérien, Sami Al-Saleh, affirme que le Premier ministre Ahmed Ouyahia a présenté les excuses du peuple et du gouvernement algériens à l’Arabie saoudite. Information non confirmée, pour l’instant, par la diplomatie algérienne.

Sur les réseaux sociaux, immense stade virtuel, les commentaires sont enflammés. 
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(On sait tous que c'est l'Iran qui derrière tout ça)

(Photomontage : Président paralysé, peuple soumis)

C’est la deuxième crise diplomatique entre Riyad et Alger en deux ans. En 2015, le royaume wahhabite avait inclus l’Algérie dans une liste noire de 11 pays qui ne feraient pas, selon Riyad, assez d’efforts dans la lutte contre le financement du terrorisme. Les capitales ne partagent pas la même vision politique sur le Moyen-Orient. Alger refuse de se joindre à la coalition armée arabe et tient à égale distance Riyad et Téhéran.