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Bulgarie

La Bulgarie interdit le port du voile intégral dans l’espace public

Par Eléonore Abou Ez avec AFP@GeopolisFTV | Publié le 01/10/2016 à 16H41, mis à jour le 01/10/2016 à 16H47

Des femmes en niqab à Tbilissi en Géorgie en août 2016.
Des femmes en niqab à Tbilissi en Géorgie, en août 2016. © Vano Shlamov

Après la Belgique puis la France, la Bulgarie a adopté le 30 septemnre 2016, une nouvelle loi interdisant le port du voile intégral en public. Le niqab a fait récemment son apparition dans le pays avec la montée du salafisme.


Les adeptes du niqab et de la burqa ne peuvent plus se voiler la face. La nouvelle législation bulgare est très claire. Elle interdit « le port sur les lieux publics de vêtements dissimulant partiellement ou complètement le visage » sauf s’il est imposé par des raisons de santé ou par le caractère de la profession exercée. Les contrevenants sont passibles d’une amende allant de 100 à 750 euros pour les récidivistes.

A la mode salafiste
Le niqab a fait son apparition il y a trois ans dans le quartier rom de Pazardjik, fief d’un prédicateur salafiste Ahmed Moussa, condamné pour propagande islamiste radicale. La ville, située dans le centre du pays, avait devancé la loi en avril dernier en interdisant le port du voile intégral dans la commune.

« Intolérance religieuse »
La Bulgarie, majoritairement orthodoxe, compte environ 13 % de musulmans, issus des minorités turque et rom. Le voile intégral n'y était pas porté avant la montée en puissance récente du courant salafiste. L'adoption de la loi, à un mois de l'élection présidentielle du 6 novembre, a provoqué les vives protestations du parti de la minorité turque MDL qui a reproché aux autres partis de « semer l'intolérance religieuse ».

« Xénophobie et racisme »
La nouvelle loi anti-voile suscite aussi l’inquiétude d’Amnesty Internationale. L’organisation qui lutte contre les violations des droits humains parle d’intolérance, de xénophobie et de racisme.
« Les femmes en Bulgarie devraient être libres de s'habiller à leur convenance et de porter la burqa ou le niqab en tant qu'expression de leur identité et leur foi », souligne le directeur Europe d'Amnesty John Dalhuise.