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Congo (Brazzaville),  Afrique

La Chine, premier partenaire du Congo-Brazzaville, finance un nouveau Parlement

Par Dominique Cettour-Rose @GeopolisAfrique | Publié le 24/05/2017 à 18H53, mis à jour le 24/05/2017 à 18H53

Les chinois vont financer nouveau parlement au Congo.
Des militaires montent la garde devant une rangée de drapeaux congolais et chinois au Palais des Congrès, le 29 mars 2013 à Brazzaville.    © JUNIOR D. KANNAH / AFP

La Chine va participer à la construction du nouveau siège du Parlement de Brazzaville. Un chantier prévu pour durer 40 mois, dont le coût est estimé à 52 millions d'euros (34 milliards de CFA) alors même que le Congo traverse une passe difficile au niveau économique. L'opposition redoute que ce projet ait un impact négatif sur la dette du pays qui a déjà explosé.


La Chine prend une part active à la reconstruction de la République démocratique du Congo. Doté de deux hémicycles de 500 et 300 places pour respectivement l’Assemblée nationale et le Sénat, le futur siège du Parlement brazzavillois devrait voir le jour fin 2019. Le président Sassou Nguesso a officiellement lancé ce chantier, lors d'une cérémonie, le 22 mai 2015, en présence du vice-ministre chinois du commerce, Qian Keming. L'ouvrage, bâti sur une superficie de 4,5 hectares, a été confié à la société chinoise Jiangsu Provincial Construction LTD.


«Ce projet contribue à ouvrir la ville capitale à la modernité», et «reste un des plus grands projets de coopération réalisés par la Chine en Afrique au sud du Sahara sous forme de don», s'est réjoui Jean-Jacques Bouya, ministre de l'aménagement du territoire du Congo. Le nouveau Parlement abritera aussi des salles de réunion, une salle de presse, des salons VIP, des salles de commissions, des salles d’archives, des bibliothèques, des locaux techniques, etc.

«J'espère que cet investissement chinois n'aura pas à l'avenir un impact sur la dette du Congo qui a déjà explosé», s'est inquiété l'opposant Clément Miérassa, président du Parti social démocrate congolais. Dans un contexte de baisse du cours du baril de pétrole, les possibilités de remboursement semblent compromises et la crise socio-économique accentuée.
 
Résoudre la crise du Pool
Pour Trésor Nzila, directeur exécutif de l'Observatoire congolais des droits de l'homme au Congo, «la priorité pour nous c'est la résolution de la crise qui secoue le Pool depuis une année et l'amélioration de la situation des droits de l'Homme dans son ensemble». Le département du Pool, dans le sud du Congo Brazzaville, connaît un épisode de violence depuis avril 2016, suite à la réélection du président Sassou Nguesso à la tête du pays presque sans discontinuer depuis 1979. 


Le partenariat sino-congolais s'est intensifié depuis 2007, année où les investissements chinois ont dépassé les 200 millions d'euros. En échange, la Chine bénéficie de plus en plus de l’exploitation des ressources en matières premières du Congo. Ce petit pays d'Afrique centrale de 4 millions d'habitants pour qui l’eau courante potable et l’électricité restent des denrées rares, est riche en pétrole. C'est l'un des pays «pilotes» africains qui bénéficieront d’un financement de 60 milliards de dollars annoncé par la Chine en vue de soutenir des projets d’industrialisation. C'est dans ce cadre que les travaux d'une Zone économique spéciale (ZES) vont commencer à l'été 2017 à Pointe-Noire, épicentre de l’activité pétrolière.  

Pétrole et marché minier
Les Chinois investissent également sur le marché minier, notamment dans la province du Katanga, riche en cuivre et en cobalt. Autre marché à fort potentiel convoité par Pékin: les télécommunications. Sur ce secteur, la Chine est en concurrence avec l'Afrique du Sud.

«En cinquante ans d’indépendance notre peuple n’avait pas vu autant d’investissements affluer avec la coopération chinoise», déclarait, en janvier 2017, le chef de la diplomatie congolaise, Jean-Claude Gakosso, lors de la visite du ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, à Brazzaville, 

Impliquée dans tous les grands travaux de modernisation du pays, la Chine est également, depuis 2005, la destination de plus d’un tiers des exportations du Congo-Brazzaville.