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La Cour pénale internationale: une justice qui fâche

Par Eléonore Abou Ez@GeopolisAfrique | Publié le 21/11/2016 à 15H43, mis à jour le 21/11/2016 à 15H48

Le siège CPI à La Haye
Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye aux Pays-Bas. © Mike Corder/AP/SIPA

Après la Gambie, l’Afrique du Sud et le Burundi, la Russie veut claquer la porte de la Cour pénale internationale. Un coup dur pour la CPI qui traverse l’une de ses pires crises depuis sa création en 2002.


«La Cour n’a pas été à la hauteur des espoirs qui ont été placés en elle et n’est jamais devenue une institution véritablement indépendante», affirme Moscou qui ne reconnaît pas vraiment cette instance juridique. La Russie a signé le traité fondateur de la Cour pénale Internationale mais ne la jamais ratifié. Aujourd’hui, elle se désengage complètement de la CPI et menace purement et simplement de retirer sa signature du traité fondateur.

La colère de Moscou
La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait annoncé en janvier 2016 l’ouverture d’une enquête sur la guerre russo-géorgienne de 2008. La première du genre en dehors de l’Afrique. Elle enquête aussi sur le conflit en Ukraine et la guerre en Syrie. C’en est trop pour Moscou qui finit par désavouer une instance qu’elle avait timidement cautionné.

Les critiques de Washington
Les Etats-Unis refusent eux aussi l’Autorité de la Cour pénale internationale. Washington a rejeté récemment un rapport de la Cour sur d’éventuels crimes de guerre commis en Afghanistan par des militaires américains et agents de la CIA dans les années 2000. «Nous ne pensons pas que l’examen ou l’enquête soit justifiés ou appropriés», explique la porte-parole du département d’Etat qui rappelle que son pays dispose d’un système national d’enquête solide. Washington n’a pas ratifié le Statut de Rome.

La désertion des pays africains
Trois pays africains, la Gambie, l’Afrique du Sud et le Burundi ont annoncés à la mi-octobre leur intention de se retirer de la CPI. Plusieurs autres pourraient suivre. Tous accusent la CPI de cibler presque exclusivement le continent africain. Depuis sa création en 2002, la Cour a ouvert des enquêtes dans neuf pays dont huit en Afrique.

La Crise
Fondée en 2002, la Cour pénale internationale «traverse un sale temps», comme l’a affirmé à La Haye le président de l’Assemblée des 124 Etats membres qui a imploré les pays déçus de ne pas abandonner le navire. 
Sidiki Kaba qui est également ministre sénégalais de la Justice déplore «une justice de deux poids de mesures» et se prononce pour la réforme du système actuel. Mais pour l’instant, rien n’est acquis.