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Les européens se montrent très critiques vis-à-vis du système Blatter au sein de la Fédération internationale de football

Par Dominique Voegele@GeopolisAfrique | Publié le 18/02/2015 à 16H48, mis à jour le 18/02/2015 à 17H32

La FIFA coupe monde
© FIFA

C’est le 29 mai prochain à Zurich que les représentants de 209 fédérations nationales de football vont élire leur Président, le président de la FIFA, la fédération Internationale de football. Parmi les trois candidats, le dirigeant sortant, Sepp Blatter, 79 ans, un homme qui a façonné durant 17 ans le fonctionnement de la FIFA. Un fonctionnement qui ne plait pas à tout le monde.

Et tout particulièrement les européens. En cause l’attribution à la Russie du Mondial de football 2018 et surtout celle de 2022 au Qatar. S’ajoute à cela un nombre croissant de matchs truqués, un système qui se développe et contre lequel la FIFA, selon certains, ne lutte guère. Ce qui frappe, c’est que pour une fois, pourrait-on dire, les deux grandes institutions européennes, souvent concurrentes, parfois peu enclines à travailler ensemble, semblent être sur la même longueur d’onde. Aussi bien le Parlement européen que le Conseil de l’Europe.
 
Le rapport Connarty
 
Présenté en séance plénière au mois d’avril devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ce rapport doit servir de base à une résolution de l’assemblée. Son but, demander un nouveau vote au sein de la FIFA au sujet de l’attribution du Mondial 2022 au Quatar. Décision «  radicalement viciée », procédure « profondément entachée d’illégalité », enfin « pratiques extrêmement douteuses », le constat du rapport signé de l’anglais Michael Connarty est pour le moins sévère. Avec des mots forts que l’on retrouve rarement dans ces rapports souvent très policés. De même, lorsque l’on parle de l’enquête interne à la FIFA à la suite des accusations à l’encontre d’un dirigeant qatari membre du Comité Exécutif de la FIFA. Celui-ci  aurait versé d’importantes sommes d’argent pour que certaines fédérations africaines votent pour son pays. Rapport plus ou moins étouffé. « Farce, tentative d’étouffer l’affaire », le rapport demande un nouveau vote. Pas question, réponds en substance le Président et candidat Sepp Blatter.
 
Au Parlement européen
 
On n’en est pas à l’écriture d’un rapport chez les eurodéputés. Mais certains militent ouvertement pour une nouvelle FIFA, avec une gouvernance radicalement différente. Ainsi ils ont accueillis à bras ouverts un groupe de pression dénommé sans ambiguïté aucune « New Fifa now ». Cette réunion était organisée le mois dernier et on envisage avant la réunion de la FIFA en mai à Zurich une audition ou un évènement à Bruxelles dans le cadre du Parlement européen. Rien n’est encore définitivement arrêté, cela pourrait dépendre de la venue ou non de l’ancien monsieur anti-corruption de la FIFA, Michael J.Garcia. Il avait en décembre dernier démissionné avec fracas après que son rapport, toujours pas diffusé, ait fait l’objet d’une synthèse  un peu particulière. Preuve de la grogne des eurodéputés, cette interview du vice-président de l’intergroupe parlementaire sur le sport, le socialiste belge Marc Tarabella. Il s’agit pour lui de carrément retirer l’organisation du Mondial au Quatar arguant, et le Conseil de l’Europe y fait aussi allusion, des conditions de travail terribles sur les chantiers sportifs du pays.

Pas content, Marc Tarabella des agissements de la FIFA. Le député européen milite pour une autre gouvernance au sein de la Fédération Internationale de football.

 
 
Le suisse Sepp Blatter aura en principe à Zurich trois candidats face à lui. Un jordanien, demi-frère du roi Abdallah II, un portugais, le footballeur Luis Figo, un néerlandais Michael van Praag. C’est sans doute ce dernier qui résume bien la situation et permet de comprendre l’attitude des institutions européennes même si, faut-il le rappeler, leur influence est limitée et tient avant tout de la pression politique. Lorsque en juin 2014, Sepp Blatter à Sao Paulo, annonçait que finalement il « avait changé d’avis «  et qu’il se représentait, le président de la Fédération hollandaise de football s’était levé. «  Je vous aime beaucoup, n’y voyez rien de personnel, mais la réputation de la FIFA est aujourd’hui indissociable de la corruption, la FIFA a un président, vous êtes donc responsable et vous ne devriez pas vous représenter ».
C’est donc un système qui est en cause, le système Blatter. Aux dernières nouvelles, le système risque fort de perdurer…et les institutions européennes de râler.