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La France va accueillir 10.000 réfugiés, dont 3.000 venus du Niger et du Tchad

Par Jacques Deveaux@GeopolisAfrique | Publié le 11/10/2017 à 15H15

Réfugiés Darfour au Tchad
Réfugiés du Darfour dans le camp de Tissi, au Tchad, en 2013. © MSF

La France s'est engagée à accueillir 10.000 réfugiés d'ici octobre 2019, dont 3.000 issus de missions de protection au Niger et au Tchad, dans le cadre des programmes de réinstallation de migrants, a annoncé le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb. La France entend ainsi donner une image plus volontariste dans l'accueil des migrants.


Lors d'un mini-sommet avec plusieurs pays européens le 28 août à Paris, le président Emmanuel Macron avait proposé «d'identifier» au Niger et au Tchad les ressortissants «qui ont droit à l'asile» pour «les mettre en sécurité le plus rapidement» possible, sans toutefois donner de chiffres.

On sait désormais que la France «ouvrira sur les deux prochaines années 10.000 places» pour ces réfugiés «réinstallés» depuis le Niger, le Tchad, mais aussi de Turquie, du Liban et de Jordanie, a annoncé le président Macron. Parmi ces 10.000 réfugiés, 3.000 seront issus des «missions de protection avancées» de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) au Niger et au Tchad. Paris estime par ailleurs impossible pour l'instant d'installer en Libye des centres d'accueil en raison de l'insécurité sur place.
 
Réinstallation
La réinstallation consiste à transférer des réfugiés d’un pays d’asile à un autre Etat qui a accepté de les admettre et de leur accorder à terme une résidence permanente. Il s’agit bien d’accueillir des réfugiés éligibles au droit d’asile, et non des migrants économiques. Cela signifie qu’ils ont quitté leur pays où ils étaient en danger de mort. On pense bien évidemment aux Syriens, mais les cas sont nombreux en Afrique, notamment des Somaliens et des Congolais.

Puits dans camp réfugiés au Tchad
Au Tchad, l'Unicef a travaillé à l'approvisionnement en eau des camps de réfugiés venus de Centrafrique. © UNICEF/Hans Keller

Or, parmi les 16 millions de réfugiés relevant de  la compétence du HCR dans le monde fin 2015, seulement moins de 1% ont été réinstallés.
Il faut dire que les pays ne se bousculent pas pour accueillir ces réfugiés. Etats-Unis, Canada et Australie font partie des «bons élèves». La France en revanche se montrait jusqu’à présent bien frileuse. Le programme de l’Union européenne achevé fin septembre 2017 prévoyait de répartir entre les Etats membres 100.000 demandeurs d’asile.

En fait, moins de 30.000 l’ont été, dont un peu plus de 4000 en France. Or, Paris s’était engagé sur le chiffre de 19.714 réfugiés accueillis, explique Ouest-France.

Peu d’élus
En septembre, l'envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale, Vincent Cochetel, estimait le nombre de «personnes vulnérables» ayant besoin d'un transfert à «83.500 au Tchad et 10.500 au Niger». L’effort français est bien loin de tout régler. Et il se pose une grave question: quels seront les critères de sélection?

En réponse, le président français n’apporte qu’un cadre de travail. «Je souhaite qu'on accueille mieux ceux qui peuvent demander asile, qu'on accélère les délais administratifs qui sont inhumains et inefficaces, avoir des programmes d'intégration à la langue, au logement, au travail, et qu'on soit aussi beaucoup plus rigoureux dans la reconduite aux frontières de ceux qui n'ont pas droit à cette procédure», a détaillé Emmanuel Macron. Une annonce qui en tout cas a été chaudement accueilli par Filippo Grandi, le chef du HCR.