La guerre d’Algérie vue par des grands noms de la photographie

Par Laurent Filippi | Publié le 11/04/2018 à 13H32

Jusqu’au 13 mai 2018, se tient au Centre international du photojournalisme et au Mémorial du camp de Rivesaltes l’exposition Une guerre sans nom, 1954-1962 Algérie. S’il existe des milliers d’archives photographiques, cette manifestation met en lumière le travail de reporters-professionnels: Marc Riboud, Raymond Depardon, Pierre Boulat, Pierre Domenech…

«En choisissant d’exposer une diversité des regards, l’exposition propose une mise en perspective des guerres qui ont déchiré le pays. Remettre ces reportages dans l’histoire et l’idéologie d’une époque, c’est toute l’ambition de cette exposition», explique l’historien Jean-Jacques Jordi.

Des premiers combats en 1954 à la signature des accords d’Evian en 1962, «nous avons choisi délibérément de ne pas traiter des opérations militaires, mais de nous concentrer sur les plans politiques et sociaux. L’œil de nos grands photographes nous guide dans ce parcours historique et nous révèle avec émotion et conscience toute l’absurdité des conflits et les terribles conséquences de ces drames humains», ajoute dans un entretien à L’œil de la photographie, l’un des organisateurs de l’exposition, Jean-François Camp.

  • Le général De Gaulle devant Palais Été à Alger en 1958.
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    Le général De Gaulle devant le Palais d'Été à Alger en 1958.

    «L’arrivée au pouvoir du général De Gaulle, investi le 1er juin 1958 par l’Assemblée nationale, ses appels à la paix en Algérie, son "Vive l’Algérie française" le 6 juin 1958 à Mostaganem ne changent rien au déroulement de l’Histoire. Conscient de cela, De Gaulle évoque publiquement en septembre 1959 le ‘’droit des Algériens à l’autodétermination’’ avec trois issues possibles: la sécession, la francisation ou l’association», explique Jean-Jacques Jordi. © Pierre Boulat / Cosmos

  • L'OAS résiste ouvertement à l'indépendance l'Algérie. Alger 1961.
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    L'OAS résiste ouvertement à l'indépendance de l'Algérie. Alger, 1961.

    Mais comme le précise dans un entretien pour le site Made in Perpignan Jean Marc Pujol, âgé de 9 ans en 1958, qui a assisté accompagné par son père à cette prise de parole présidentielle: «Ce discours ne parvient pas à apaiser les tensions dans le département français, bien au contraire, il exacerbe les antagonismes. Une parole vécue comme un coup de tonnerre sur le terrain précipitant dans la guerre les ultras de l’armée française qui s’organisent en créant l’OAS, l’Organisation de l’Armée Secrète. © Raymond Depardon / Magnum Photos

  • Raymond Depardon se rend en juillet 1960 en Algérie.
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    Raymond Depardon se rend en juillet 1960 en Algérie.

    Il a 18 ans et travaille comme pigiste pour l'agence photographique Dalmas qund il arrive à Alger. Il réside à l'hôtel «Aletti». «Quelques fois, je me réfugie dans ma chambre où depuis le balcon, avec un téléobjectif, je photographie», raconte-t-il dans son livre «Un aller pour Alger». © Raymond Depardon / Magnum Photos

  • Alger 2 juillet 1962.
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    Alger, 2 juillet 1962.

    «Il fallait être parmi les premiers, être tout proche des événements quitte à prendre des risques, et à se trouver dans le double mouvement de manifestations des nationalistes algériens qui brandissent pour la première fois et ouvertement le drapeau algérien, et celle des "ultras" de l’Algérie française qui veulent en découdre avec les gardes mobiles pour garder l’Algérie à la France», raconte le célèbre photographe Marc Riboud. © Marc Riboud

  • Arrivée à Marseille en 1962.
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    Arrivée à Marseille en 1962.

    Entre mai et août 1962, plus de 500.000 personnes ont fui l’Algérie. 355.000 rapatriés français et des centaines de familles de Harkis arrivent en juin en France dont 200.000 débarquent à Marseille, principal port d'accueil. © Pierre Domenech

  • Le camp Rivesaltes
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    Le camp de Rivesaltes,

    témoin des années noires du XXe siècle (guerre d’Espagne, Seconde Guerre mondiale), a été  aussi un lieu de détention pour les dirigeants du Front de libération nationale (FLN) pendant la guerre d’Algérie. Puis à la suite des accords d’Evian, 22.000 Harkis fuyant leur pays y furent «entassés» entre 1962 et 1964. © Fond Bailhache